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Les essais cliniques auxquels le Maroc a participé ont prouvé l’efficacité du vaccin (Pr. Afif)

L’Association marocaine des sciences médicales, la Fédération nationale de la santé, en partenariat avec plusieurs organisations professionnelles et civiles, ont organisé  une visioconférence, le jeudi 7 janvier, sur le thème “Tous mobilisés pour le succès de la campagne nationale de vaccination contre Covid 19”. Plusieurs experts éminents ont pris part à ce webinaire. Parmi ces intervenants, le Directeur général du CHU Ibn Rochd, le Professeur Moulay Hicham Afif qui a fait le point sur la vaccination anti-Covid19.

En introduction de son intervention, le Directeur général du CHU Ibn Rochd de Casablanca a tenté d’abord à remettre les choses dans leur contexte, en rappelant que « la Covid-19 n’a pas encore de traitement antiviral curatif » et que cette pandémie a par ailleurs de nombreux effets, notamment, le système sanitaire, en termes de morbidité, d’offres de soins (covid et non-covid), en plus de son impact économique, psychologique et social.

Dans ce contexte, le Pr. Moulay Hicham Afif a insisté sur la prévention pour « réduire cet impact, notamment, à travers les mesures barrières et restrictives », sauf que ces mesures, elles-mêmes, ne sont pas « sans conséquences sur le système sanitaire », en indiquant que la vaccination est ce qui va nous permettre de sortir de cette pandémie.

« Un vaccin idéal », selon le DG du CHU Ibn Rochd, doit répondre à 7 critères, à savoir, sûreté, efficacité, production facile et rapide, en dose unique, facile à conserver, immunogène (permettant la production d’anticorps), en plus d’assurer une protection pour une longue durée.

Il existe 172 vaccins à ce jour qui sont au stade de l’étude préclinique, 43 vaccins en phase I, 20 vaccins en phase II et 20 d’autres en phase III. Seulement 10 vaccins ont été approuvés pour utilisation d’urgence. Pour l’instant, on compte 12 vaccins qui sont les plus avancés, dont AstraZeneca, qui est déjà utilisé dans de nombreux pays, notamment, la Grande Bretagne, l’Inde, le Mexique, et approuvé pour utilisation d’urgence au Maroc. Ainsi que Sinopharm, que le Royaume a commandé, et qui déjà approuvé aux EAU, Bahreïn, Egypte, etc.

Quant aux différents types des vaccins développés contre la covid-19, il existe, entre autres, des vaccins à virus entier, qui peuvent être soit inactivés ou bien vivants atténués. « Concernant le vaccin inactivé, c’est le cas pour celui de Sinopharm qui va être utilisé au Maroc. Comme exemple de vaccins inactivés qui sont déjà sur le marché, il y a le vaccin contre la grippe, la poliomyélite et la rage », a-t-il indiqué.

Les vaccins à vecteurs viraux, à l’instar d’AstraZeneca, qui sera aussi utilisé au Maroc, selon la même source, « ce vaccin utilise un virus qui va être le vecteur/transporteur du gène du spicule du coronavirus, qui va permettre de le faire rentrer à l’intérieur de la cellule et c’est là où il va être pris en charge par les cellules dendritiques, pour induire une réponse immunitaire ». Le Pr. Afif a rappelé également que le vaccin d’AstraZeneca, dont l’efficacité dépasse les 90%, est donné en injections par voie intramusculaire sur deux doses, notant l’intervalle entre les 2 injections est de 4 semaines qui peut être prolongée jusqu’à 12 semaines. Il peut être conservé au réfrigérateur entre 2 et 8 degrés.

Le vaccin de Sinopharm, commandé également par le Maroc, a une efficacité qui avoisine les 80%, il est également donné en 2 doses par voie intramusculaire à 3 semaines d’intervalles. Sur les essais cliniques auxquels le Royaume a participé, il a rappelé qu’ils se sont déroulés dans de bonnes conditions et ont prouvé l’efficacité du vaccin, faisant savoir qu’aucun symptôme grave n’a été enregistré, à l’exception de quelques effets secondaires bénins, comme une légère augmentation de la température et des maux de tête, qui disparaissent en quelques jours peu après le vaccin.

En outre, les personnes qui ne peuvent être vaccinées, selon le Pr. Afif, sont celles qui sont atteintes de pathologies aiguës évolutives, ainsi que les personnes qui sont en train de recevoir un traitement immunosuppresseur en cours et celles qui ont un antécédent d’allergie grave développé après une prise médicamenteuse  ou un vaccin (œdème de Quincke ou choc anaphylactique), en précisant qu’il n’y a pas de contrindications pour les gens qui ont des allergies saisonnières.

Par ailleurs, la vaccination anti-covid devrait être « différée à 2 semaines après un autre vaccin, notamment antigrippal et à 12 semaines après le début des symptômes covid ».

Pour les femmes en phase de grossesse ou d’allaitement, il y a moins de risques de complication de la covid-19 que chez les personnes âgées et vulnérables, mais, il y a peu de données quant à l’efficacité et l’innocuité des vaccins anti-covid chez les femmes enceintes ou allaitantes. Selon la même source, « la vaccination pour ces femmes devrait être discutée au cas par cas, mais on n’a pas à l’heure actuelle à autoriser de manière large la vaccination chez elles ».

Dans l’attente d’une immunité collective assurée par une vaccination efficace en masse, les mesures barrières et la distanciation doivent toujours être respectées, en renforçant la stratégie (dépister, isoler, traiter et investiguer). « On a remarqué que beaucoup de personnes ne font plus les tests et ne cherchent plus la confirmation du diagnostic, c’est problématique quand les gens arrivent dans des états graves aux services de réanimation », conclut-il.

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