Les islamistes tuent au moins 10 personnes dans le but de prendre une ville du nord-est nigérien

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Des militants islamistes et des troupes nigérianes se sont battus autour d’une ville de pêcheurs au bord du lac Tchad, alors que les insurgés intensifient leurs attaques pour perturber l’élection présidentielle au cours de laquelle la sécurité est une question de campagne, ont annoncé l’armée et des habitants.

L’armée nigériane a déclaré dans un communiqué que des islamistes avaient attaqué mercredi soir une base militaire à Baga, dans l’est de l’Etat de Borno. Les frontières du Nigeria, du Niger, du Tchad et du Cameroun se rejoignent sur ce lac.

Les habitants ont déclaré que 10 personnes avaient été tuées et que des affrontements se poursuivaient alors que les assaillants tentaient de prendre possession de la ville.

Mais le porte-parole de l’armée nigériane, Sani Usman, s’est voulu rassurant : “Nous nettoyons et encadrant la zone”, a-t-il déclaré.

Le seul mort dans les rangs de l’armée est un membre de la marine qui a soutenu les troupes militaires aux côtés de l’armée de l’air, a déclaré Usman.


Baga a été le théâtre d’assassinats massifs commis par des militants de Boko Haram en 2015, au cours desquels des centaines, voire des milliers de personnes ont trouvé la mort et une grande partie de la ville a été détruite. À l’époque, Boko Haram détenait un territoire de la taille de la Belgique dans le nord-est du Nigéria, mais a ensuite été battu.

Cette attaque, cependant, était la dernière d’une série de frappes sur des bases militaires dans le nord-est. Le dossier sécuritaire est d’ailleurs devenu pour le président Muhammadu Buhari un enjeu de campagne avant une élection en février au cours de laquelle il tentera de se faire réélire.

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L’insurrection de Boko Haram, à laquelle Buhari avait promis de mettre fin lors de sa prise de fonction en 2015, vise à créer un État islamique au nord-est du Nigéria. Elle a causé la mort d’environ 30 000 personnes et contraint près de 2,7 millions de personnes à fuir leur domicile depuis 2009.


Une faction du groupe Etat islamique d’Afrique de l’Ouest (ISWA), s’est séparée de Boko Haram en 2016 et est maintenant considérée par les experts en sécurité comme le groupe le plus fort.

Deux sources militaires, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, ont déclaré que l’ISWA avait mené l’attaque sur Baga.

Deux habitants qui ont fui les combats à Baga ont déclaré avoir vu les corps d’au moins 10 personnes. Huit des morts portaient des uniformes militaires, a révélé l’un d’eux.

L’armée nigériane a déclaré que la base militaire attaquée abritait une unité de la force multinationale mixte, composée de soldats du Nigéria et des pays voisins, le Niger, le Tchad et le Cameroun.


Une centaine de soldats ont été tués en novembre par des militants de l’ISWA dans l’attaque d’une base militaire à Metele, dans l’État de Borno. Ce fut la plus grande perte en vie de militaires de ces derniers mois.

Les opposants de Buhari ont profité de cette attaque pour s’interroger sur le traitement de l’insurrection par l’ancien général.

Abdellah Chbani avec Reuters