Les problématiques de la 3ème génération des Droits de l’Homme sous la loupe d’experts à Marrakech

droit de l'homme
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Les travaux d’un colloqué international sous le thème “La 3ème génération des droits de l’Homme dans un monde dépourvu de sens : Problématiques, approches et décisions” ont été ouverts, vendredi à Marrakech, en présence d’un parterre de chercheurs et d’experts nationaux, arabes et étrangers.

Initiée par la Faculté des Sciences juridiques, économiques et sociales (FSJES) relevant de l’Université Cadi Ayyad, le Laboratoire de Recherche et des Etudes internationales sur la gestion des crises (LEIGEC) en collaboration avec la Fondation allemande Hanns Seidel, cette Rencontre d’envergure de deux jours connaît la participation d’enseignants chercheurs et d’experts issus du Maroc, de la Tunisie, de l’Algérie, de la Mauritanie, de l’Egypte, de la Russie, de la République tchèque et du Sultanat d’Oman.

S’exprimant à cette occasion, le vice-doyen de la FSJES de Marrakech, Zakaria Khalil, a souligné l’importance et la pertinence de la discussion de la question de la 3ème génération des droits humains, ajoutant que ce sujet revêt une importance primordiale eu égard aux tendances mondiales actuelles.

Il a, dans ce sens, estimé que la présence d’une pléiade d’universitaires, de chercheurs et d’experts pour débattre de cette question est de nature à baliser la voie pour parvenir à des réponses se rapportant à une multitude de problématiques soulevées à ce sujet.

De son côté, le représentant de la Fondation Hanns Seidel, Miloud Sefiani, a précisé que la 3ème génération des droits de l’Homme est susceptible de parvenir au rapprochement entre les peuples et ce, en focalisant sur des sujets et des thèmes d’actualité, tels que l’environnement, la santé et le développement.


Pour sa part, le chef du département de Droit Public à l’Université de Cadi Ayyad, Mohamed El Ghali, a fait remarquer que la question de la 3ème génération des droits de l’Homme est étroitement liée au changement des fonctions de l’Etat : le passage de l’Etat intervenant et de l’Etat parrain à l’Etat des droits et libertés, au sein duquel le citoyen est devenu un acteur agissant en matière d’institutionnalisation des droits de l’Homme.

Lui emboîtant le pas, le directeur du LEIGEC, Driss Lagrini, a estimé que la 3ème génération des Droits de l’Homme s’est clairement cristallisée avec les mutations et les développements majeurs survenus dans le monde suite à l’élimination des vestiges de la guerre froide, à la croissance de l’intérêt accordé aux questions de la démocratie et des droits de l’Homme et au creusement du fossé entre un Nord riche et un Sud où certains Etats sont empêtrés dans des crises et font face à nombre de contraintes, dans le cadre ce qu’on appelle “les droits de solidarité”.

Quant au Coordinateur du colloque, El Houcine Chougrani, il a noté que la discussion de ce sujet est une occasion pour l’échange des idées et la mise en réseau des chercheurs, saluant au passage les efforts déployés par les membres du comité organisateur pour assurer la réussite de cette rencontre d’envergure.

Les travaux de la première journée de ce colloque international ont été marqués par une séance plénière qui a abordé des thèmes portant sur “le droit au développement en tant que droit humain : Evolution et défis”, “le droit d’accès à l’information à l’ère des TIC”, “la mondialisation des droits de l’Homme et principe de la souveraineté territoriale”, “le dialogue Nord-Sud, un impératif pour le droit au développement durable”, et “Philosophie de développement durable et droit des générations futures”.


A rappeler que la 3ème génération des droits de l’Homme, lancée au cours des années 70, est destinée à réaliser la conciliation entre droits civils et politiques (droits de la première génération), et des droits économiques et sociaux (droits de la deuxième génération).

Cette troisième génération des droits de l’Homme (droits de solidarité) inclut, entre autres, le droit à un environnement sain, le droit au développement, le droit à la paix, etc.

Dans le cadre des relations Nord-Sud, cette catégorie de droits de l’Homme a fait couler beaucoup d’encre. En effet, quand le Nord insiste sur la libéralisation des échanges et la croissance économique, le Sud veut, au contraire, intégrer la dimension sociale et environnementale dans l’équation du développement.

A cet effet, le Nord adopte une approche fondée sur la démocratie libérale et la protection de la première génération des droits de l’Homme. En revanche, le Sud fait de la troisième génération un fondement des discussions climatiques (COP). En outre, Le Sud refuse d’intégrer la culture et l’agriculture dans les négociations de l’OMC.