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L’expérience politique marocaine inédite dans la région arabe

L’expérience politique marocaine est incontestablement inédite dans la région arabe, a affirmé Abdelhamid Benkhattab, professeur de sciences politiques à l’Université Mohamed V de Rabat.

Dans une analyse des résultats du triple scrutin du 8 septembre, M. Benkhattab a souligné que le temps politique de l’Etat est plus long que celui des acteurs politiques et « seul le temps long fait la grandeur et la petitesse des acteurs politiques« . « Autrement dit, ce temps long qui use et abuse des acteurs au pouvoir, interdit à la violence de s’inviter dans un processus naturel d’usure des partis politiques prétendants au pouvoir« , a-t-il fait observer.

La pluralité et la compétitivité au sein de la vie politique marocaine empêchent objectivement les acteurs politiques de perdurer dans une posture hégémonique, d’autant plus que les alliances et les mésalliances peuvent venir à bout de toute entreprise hégémonique de la part des prétendants au pouvoir politique, a-t-il expliqué dans cette analyse intitulée « La didactique démocratique des élections du 8 septembre au Maroc« .

L’universitaire a noté dans ce contexte que le Droit et l’ingénierie électoraux deviennent le gage de la stabilité et de la pérennité des institutions politiques.

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Il a également relevé que le peuple citoyen devient le gardien de la stabilité de l’Etat et de ses institutions, précisant que la participation de plus de 50 % d’électeurs au suffrage signifie, tout simplement, une mobilisation populaire.

Il s’agit ainsi d’un redéploiement temporaire d’un rapport de force sans cesse renégocié et contesté, a-t-il souligné, ajoutant que dans une telle perspective, le sort des acteurs politiques, aussi puissants et hégémoniques soient-ils, demeure fondamentalement lié au sort des autres acteurs, aussi petits et insignifiants soient-ils.

Cette caractéristique est réconfortée par une certaine conscience patriotique à peine visible, mais très enracinée chez la population marocaine, a-t-il dit. L’histoire institutionnelle du Maroc est chargée d’exemples où le petit peuple et les citoyens lambda, des compagnes et des villes, avaient fait preuve d’une exemplarité inédite en matière de conscience et de responsabilité politique.

Le vote des électeurs reste conditionné au Maroc par une certaine rationalité utilitaire que nulle idéologie, aussi solide soit-elle, ne peut ignorer, a-t-il soutenu, précisant que le corps des électeurs n’est acquis à aucun parti ni à aucune tendance politique spécifique.

( Avec MAP )

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