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L’Information en temps de Covid ou la dictature du chaos organisé

Le nouveau coronavirus (Covid-19) s’est répandu comme une traînée de poudre dans le monde entier et il en fut de même pour toutes ces “informations” qui s’y rapportent.

Alors que la peur et l’incertitude persistaient dans le monde face au nouveau virus, les internautes étaient plus que jamais confrontés à un flux d’informations, pas toujours fiables et peinaient souvent à se repérer et à contrôler ce flot.

Depuis le début de la pandémie, les utilisateurs d’internet qui consommaient des informations sans limite sur le virus, en grande partie via les réseaux sociaux, étaient submergés au point de s’imposer un fardeau supplémentaire. Ils n’étaient pas seulement face à une pandémie destructrice, mais aussi à une “infodémie” mentalement dévastatrice. Ainsi, le rapport à l’information est aujourd’hui affolé et les repères sont flous.

Selon le Reuters Institute for the Study of Journalism (RISJ) de l’université d’Oxford au Royaume-Uni, la baisse de la confiance des consommateurs de l’information dans les médias concerne le monde entier, tandis que les médias de service public demeurent les plus fiables.

L’étude du RISJ, réalisée auprès de 80.000 personnes dans une quarantaine de pays, fait ressortir que seules 38% des personnes interrogées déclarent faire confiance aux médias le plus souvent.

Les réseaux sociaux sont la principale source d’inquiétude face à la mésinformation (par rapport aux médias traditionnels), relève l’étude, précisant que 40% des personnes interrogées se sont dites inquiètes de la présence d’informations erronées ou trompeuses sur les réseaux sociaux contre 20% exprimant cette même crainte pour les sites et applications d’information.

A travers tous les pays interrogés, Facebook (29%), YouTube (6%) et Twitter (5%) étaient identifiés comme les sources principales d’inquiétude autour de la propagation de fausses informations, montrant ainsi la diversité des habitudes de consommation médiatique à travers le globe.

En revanche, le service de messagerie WhatsApp est pointé du doigt en premier dans des pays où il est fortement utilisé. Comme le fait observer l’enquête: “Cette inquiétude est particulière car les fausses informations sont souvent moins visibles et peuvent être plus difficiles à combattre dans ces circuits privés et chiffrés”.

Parmi les 80.000 consommateurs d’informations en ligne interrogés, Facebook (63%) et YouTube (61%) restent les réseaux sociaux les plus utilisés sur une semaine, WhatsApp suit en 3e place (48%). Twitter est 6e avec 23%, derrière Facebook Messenger (38%) et Instagram (36%), selon la même étude.

Force est de souligner que les utilisateurs arrivent rarement sur les sites d’information de façon direct. Pour atteindre une plus grande cible, notamment les jeunes, “les médias doivent être stratèges en se dirigeant vers des formats plus adaptés”.

Dans cette approche, l’Agence marocaine de presse (MAP) a lancé récemment un nouveau site d’information “dibnews.ma” ayant pour ambition de devenir un média de référence pour les jeunes âgés entre 15 et 35 ans.

Le site “DIB News” (Digital Information Broadcast) est destiné principalement à une population urbaine qui cherche des plateformes pour révéler sa créativité et son talent.

Partant du constat que les médias sont peu inclusifs en matière de jeunesse, “DIB News” cherche à remédier à ce manque en offrant un produit médiatique qui privilégie la créativité et l’expression, en abordant des sujets et des thématiques relatifs aux attentes des jeunes, avec un langage simple et accessible et un ton amical.

Pour mener à bien sa mission, ce site d’information offre des vidéos, conformes aux normes professionnelles, qui ne dépassent pas les trois minutes. Il s’agit d’interviews, documentaires, tutoriels… qui sont diffusés sur l’ensemble des réseaux sociaux (Facebook, Instagram, TikTok, Youtube…).

La diffusion du contenu sur plusieurs canaux différents, s’avère amplement importante, les jeunes sont de moins en moins liés à un seul support, ou une seule application si l’on considère l’utilisation des réseaux sociaux pour s’informer.

Par Maria MOUATADID ( MAP )

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