L’Iowa: Quand un petit Etat rural donne le ton de l’élection présidentielle aux Etats-Unis

présidentielle

Premier événement électoral dans le processus d’investiture des candidats à la présidentielle aux Etats-Unis, le Caucus de l’Iowa a propulsé au fil des années cet Etat rural de 3 millions d’habitants au centre la scène politique du pays du fait de sa capacité à servir d’indicateur pour les tendances de vote.

En dépit de son poids relatif (1 % des délégués nationaux), cet Etat du centre des Etats-Unis inaugure le long processus pour la désignation du président américain. Il sert d’indicateur précoce pour savoir quel candidat peut espérer gagner l’investiture de son parti politique à la convention nationale de celui-ci.

Ce rituel quadriennal, qui fait l’objet d’une forte couverture médiatique, se tient cette année le lundi 03 février. L’Iowa est un des rares États américains à désigner ses délégués par caucus et non par un vote traditionnel pour les élections primaires.

Les habitants affiliés à un parti politique se rendent dans un gymnase, une l’école, une salle de fête d’un hôtel, voire chez un particulier, et feront leur choix. Ils désignent leur candidat et leurs délégués pour la convention du comté auquel leur circonscription appartient. Chacune des conventions des 99 comtés que compte l’Iowa sélectionne ensuite des délégués pour les conventions des districts congressionnels et de l’État, lesquelles choisissent finalement les super-délégués pour la convention nationale, prévue durant l’été.

Le mode du vote est très particulier. Les électeurs expriment publiquement leur préférence en se déplaçant physiquement dans un coin ou l’autre de la salle pour former un groupe de supporteurs d’un candidat.


A l’issue du premier round, seuls les candidats ayant rassemblé assez de supporteurs (généralement 15%) restent en lice et les supporteurs des autres candidats ont le choix au deuxième round de s’unir au groupe d’un candidat encore dans la course, de tenter de convaincre assez de supporteurs d’autres prétendants éliminés de les rejoindre pour qu’ils puissent faire passer leur candidat au-dessus du seuil éliminatoire ou tout simplement de s’abstenir.

Lorsque les résultats seront annoncés, un ou deux candidats seront propulsés au statut semi-officiel de favori. Un ou deux autres survivront pour se frayer un chemin pour la prochaine primaire, en l’occurrence celle du New Hampshire, prévue le 11 février.

Parce que ce caucus, comme les quelques autres premiers scrutins déterminent fréquemment quels candidats manquent de soutien pour briguer sérieusement la présidence, les prétendants déploient de grands efforts dans ces premiers États, répondant à leurs besoins et intérêts et organisant des campagnes en dépit de la petite taille des États, et dépensant de sommes colossales sur le staff de campagne, les médias et les hôtels.

Le caucus précoce de l’Iowa a donné à l’État le statut de “baromètres”, surtout depuis la victoire sur place de Jimmy Carter en 1976, un exploit qui l’a mis sous les projecteurs lui permettant de remporter les primaires du New Hampshire et celles de la majorité des États pour devenir candidat des démocrates à la présidentielle. Et à la fin se faire élire à la magistrature suprême.


À partir de cette année, les candidats des différents partis ont accordé au caucus de l’Iowa une grande importance.

Comment l’Iowa a-t-il obtenu tout ce pouvoir de dicter la suite de la campagne? Cela a commencé dans les années 1970, lorsque le système de sélection des candidats démocrates est passé des chefs de parti aux électeurs réguliers.

L’Iowa a choisi de tenir sa primaire très tôt dans le calendrier de l’année électorale et a fini par apprécier d’être au centre de l’attention nationale. Il va garder cette position privilégiée même s’il doit commencer à tenir les caucus en août. “Nous prenons cela très au sérieux”, a déclaré Troy Price, le président du Parti démocrate de l’État, dans un entretien avec le New York Times.

Pour ce lundi, les sondages laissent entrevoir un duel serré entre Joe Bien et Bernie Sanders. Toutefois, l’issue du vote reste plus incertaine que jamais. Le petit Etat du Midwest sera de nouveau au centre de toutes les attentions.


Par Noureddine HASSANI