L’Oriental et la Méditerranée Au-delà des frontières

Le moins que l’on puisse dire est que l’Agence de l’Oriental, créée dans le sillage de l’Initiative Royale pour le Développement de l’Oriental, et énoncée lors du discours Royal, à Oujda le 18 mars 2003, a un point fort, entre autres, c’est celui de faire de l’Humain le cœur de son intérêt et le socle du développement de la Région. Consciente que la culture est l’âme des peuples et une richesse qui assure la continuité voire la pérennité de l’Histoire, l’Agence, officiellement mise en place depuis mai 2006, en fait son bourdon de pèlerin dans le dessein d’accompagner le développement de l’Oriental et impulser son ADN. C’est ainsi que plusieurs ouvrages ont été réalisés et publiés dans ce sens par l’Agence.

L’Oriental, carrefour de l’Europe, du Maghreb et de l’Afrique

Située au Nord-est du Royaume, la région de l’Oriental tire profit de sa  situation géographique centrale en Afrique du Nord, sur la rive Sud de la Méditerranée. Sa dimension géostratégique lui donne une vocation maghrébine et un lien avec l’espace euro-méditeranéen mais aussi avec les communautés sahariennes et subsahariennes. Réputée pour ses ressources naturelles dans différents domaines, elle est la deuxième plus grande région du Royaume en termes de superficie. Et c’est de cette région que nous vient un Beau-livre, réalisé en grand format, fait de 293 pages, qui nous emmènent en évasion, à travers des illustrations attrayantes et de belles photographies, nous plongeant dans la splendeur méditerranéenne et la richesse d’une Histoire plurielle, reflets de grandes périodes de l’histoire des relations et du rapport des Marocains avec la Méditerranée. L’Oriental qui a connu de multiples influences dont certaines sont restées ancrées dans la culture actuelle y trône fièrement.

L’histoire de l’Oriental et de la Méditerranée est infrangible et transperce les frontières. Ces liens forts jettent leur faisceau sur un avenir éclatant où l’Oriental sera au cœur des voies maritimes et des échanges commerciaux. Et ce n’est qu’un continuum puisque nos ports et nos abris côtiers qui ont joué un rôle capital par le passé étaient une respiration pour le Royaume méditerranéen.

Ainsi donc «L’Oriental et la Méditerranée, au-delà des frontières», publié aux éditions La Croisée des Chemins, rappelle qu’après avoir longtemps tourné le dos à la Mer Méditerranée, le Royaume redonne sa place à sa côte et cela grâce au génie de la vision de Sa Majesté le Roi et à sa stratégie sage et visionnaire pour avoir rétabli les relations économiques fructueuses du Maroc avec la Méditerranée, enrichissant ainsi l’épopée du Royaume millénaire. «Rappelons-nous! Au moment où toute la technostructure et les principales institutions financières internationales conseillaient un positionnement économique et géostratégique du Projet portuaire marocain sur l’Océan Atlantique, Sa Majesté le Roi prit la décision stratégique de son basculement vers la Mer Méditerranée. Le Royaume a ainsi renoué avec notre prestigieuse histoire méditerranéenne, revigoré nos relations avec le Nord et redonné de la profondeur et un sens nouveau à nos relations avec le Sud.» dira le directeur général de l’Agence de l’Oriental pour présenter ce livre édifiant.


Cet ouvrage signé de la main de Leïla Maziane, professeur d’Histoire moderne à l’Université Hassan II de Casablanca, est ainsi consacré au Maroc, à son ancrage méditerranéen arabe et africain ainsi qu’aux ponts qu’il offre entre l’Orient et l’Occident. Il présente aussi quelques-uns des prestigieux navires et des grands navigateurs, acteurs de notre histoire avec cette Mer, ainsi que les aménagements portuaires et le bâti -aujourd’hui patrimonial- qui en est résulté. «Ce livre est conçu comme un hommage modeste et enthousiaste au 21e anniversaire de l’intronisation de Sa Majesté le Roi», précise le Directeur général de l’Agence. En effet, l’ouvrage «suit de près l’évolution, depuis les temps les plus anciens jusqu’à nos jours, des rapports des Marocains à la mer Méditerranée», lit-on dans l’introduction. Des témoignages pertinents appuient l’analyse qui conduit bien au-delà des frontières régionales. Ce livre tout aussi érudit que riche de ses réflexions opérationnelles, restitue la vie maritime de l’Oriental, et plus généralement de l’espace méditerranéen marocain. Pour Mohamed Mbarki, cet ouvrage raconte également «les choix imposés, les luttes et le grand enjeu de la maîtrise des mers ; en premier lieu, la nôtre, la Méditerranée.»

«La Méditerranée a son étymologie latine et elle est parlante : au milieu des terres ! Cette mer ne prend tout son sens, n’assume son histoire  et son présent que si l’on considère ceux qui la bordent. Ils sont vingt-trois pays riverains aujourd’hui et près de cinq cents millions d’habitants les peuplent ! D’une langue à l’autre, ce sera aussi Mer blanche ou Mer romaine. Une façon comme une autre de rappeler que cette Mer … est une Mère : celle de nos civilisations !», écrit Mohamed Mbarki, dans son Postface et de finir par «La mer Méditerranée, mère des civilisations, continuera ainsi son œuvre civilisationnelle, de nouvelle façon, au rythme du nouveau monde. Ainsi, la longue histoire de «L’Oriental et la Méditerranée» ne semble pas prête de s’arrêter. Désormais, elle se pense et se projette au-delà des frontières. Elle va se vivre elle aussi à l’échelle du monde. L’Oriental marocain, comme l’y invitait déjà le Discours royal du 18 mars 2003, ambitionne d’y prendre sa part.»