Le Maire de Casablanca défie la justice pour régler ses comptes avec Faouzi Chaâbi

Rien ne va plus entre le maire de Casablanca, Abdelaziz El Omari du PJD et le groupe Chaâbi en la personne de Faouzi Chaâbi (un des dirigeants du groupe Ynna Holding). Un litige, opposant la ville de Casablanca qui veut reprendre l’ancien marché de gros « après la fin du bail » et Dimco, une société appartenant à l’homme d’affaires, est né ces derniers temps. Au moment où la mairie de Casablanca s’empresse à exécuter sa décision, le milliardaire brandit une décision de justice suspendant la décision du Conseil communal. S’agit-il d’une lutte opposant le PJD au PAM ?


Après avoir suspendu unilatéralement le contrat de bail le liant à la société Dimco appartenant à Faouzi Chaabi, le Conseil de la ville de Casablanca a fait intervenir les forces de l’ordre pour récupérer l’ancien marché de gros de Casablanca (construit en 1930). Objectif : le démolir et ériger à sa place un Centre sportif ! Cette décision prise, récemment, par la mairie de la métropole, semble en contradiction flagrante avec une décision du tribunal administratif de la même ville suspendant la décision du Conseil communal.

C’est sur la base de cette décision de la justice que Faouzi Chaâbi, un des dirigeants du groupe Ynna Holding détenu par les héritiers de feu Miloud Chaâbi, s’est opposé en compagnie de ses avocats, qui brandissaient ce document légal devant les caméras, à l’exécution de cette décision.
Accusant les élus, venus nombreux en compagnie des agents de la police et des Forces auxiliaires, d’outrepasser une décision du tribunal administratif rendue au nom du Roi, le membre du Parti authenticité et modernité (PAM) s’est planté  devant la porte principale de l’ancien marché de gros. C’est, ainsi, qu’il a tenté de s’opposer à l’entrée des forces de l’ordre dans le bâtiment objet du litige, arborant la décision de la Justice et arguant de ses droit.

Chaâbi décision du tribunal

D’une parole à l’autre, il a essayé de repousser l’intervention des policiers, en vain. Cependant, ces derniers ont fini par avoir raison de lui. Il a même été malmené par des agents de la police et des Forces auxiliaires jusqu’au point où ils l’ont fait tomber au sol (voir la vidéo). Au lendemain de l’intervention brutale des forces de l’ordre accompagnées de responsables de la mairie de Casablanca, Faouzi Chaâbi, a déclaré qu’il a intenté un procès contre la commune dirigée par le maire Pjdiste pour « agression et abus de pouvoir ». Il a également décidé de poursuivre trois membres de l’arrondissement des Roches Noires qui étaient sur place et affirmé que la Société avait saisi le procureur général du Roi près le tribunal d’appel de Casablanca pour trancher dans cette affaire.


Pendant ce temps, le maire n’a pas perdu de temps, il a vite, à travers la société de développement local SDL Casa Patrimoine, veillé à emmurer tous les accès de l’ancien marché faisant mettre en place une pancarte annonçant le lancement officiel d’un chantier de réhabilitation pour la reconversion des locaux en espace socio-sportif. Vu que cette appellation reste vague, les habitants de la ville se demandent ce qu’entend Abdelaziz El Omari par « espace socio-sportif » ? En vérité, cela semble refléter l’improvisation à laquelle cède le Conseil de la ville à court d’argument. La preuve en est : sa déclaration qu’un cahier des charges détaillé devrait être rendu public dans les plus brefs délais ». Ce qui suppose qu’il a, dépourvu d’une vision claire, insisté sur l’exécution d’une décision apparemment malveillante à l’encontre d’un adversaire politique.

Il est à noter cependant que le parti de M.Chaâbi a rendu public un communiqué dans lequel il a condamné sévèrement ce qu’il a qualifié « d’assaut horrible portant atteinte à l’amour-propre et à la dignité du Représentant à la Chambre basse, Faouzi Chaâbi, lors de l’intervention du Conseil de la ville de Casablanca avec l’aide des forces publiques, en violation d’une décision de justice suspendant l’exécution de la décision du Conseil communal visant à récupérer le local ».
«En se basant sur les photos et vidéos qui font état d’une agression d’un représentant de la nation, le PAM considère qu’il s’agit d’une violation des droits de l’Homme portant préjudice aux valeurs et principes de l’Etat de droit », lit-on dans ledit communiqué.