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Maria Kermadi : Une peinture spirituelle aux prises avec le monde

Maria Kermadi : Une peinture spirituelle aux prises avec le monde

Maria Kermadi fait partie d’une jeune génération d’artistes qui a su s’imposer remarquablement ces dernières années sur le champ artistique.

Pour cette artiste franco-marocaine intarissable, la peinture fait partie de sa vie depuis son jeune âge. Cependant, il a fallu attendre l’obtention de son Master en Histoire de l’Art en 2008 à la Sorbonne pour qu’elle renonce à une carrière toute faite de comptable et se consacrer entièrement à sa passion.

Dès ses premières créations, la place de ce que Kandinsky appelle une « vérité intérieure » s’impose à travers une palette chaude qui ne l’a jamais vraiment quittée. Chaque œuvre est une ode aux couleurs chatoyantes empruntées de sensations profondes qui s’abreuvent dans les territoires marocains qui l’ont vue naître.

Depuis sa période académique, elle n’a cessé de restituer dans ses toiles ces empreintes dans lesquelles le soi et les choses du monde demeurent indissociables. Si son souffle se déploie dans toute sa splendeur aujourd’hui dans l’abstrait, on ne peut pas parler pour autant de rupture avec ses premières créations figuratives.

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La peinture de Maria Kermadi est une construction patiente et passionnante faite d’enroulements tel un ressac se brisant constamment sur les parois de son âme sensible. La technique de la période académique est toujours présente et soutient en profondeur les émotions les plus explosives. Dès 2011 ses réalisations se libèrent, en effet, partiellement de la référence au réel pour laisser place à des œuvres abstraites où la couleur et la réduction des impressions à ce qui est capital s’édifient.

Son approche chromatique qui rappelle sa terre natale qui n’est jamais lointaine et la qualité de son geste donnent naissance à une vibration intérieure indissociable de cet espace qui n’a d’intérêt pour elle que dans la mesure où il se traduit dans ses créations en tant qu’un « dehors du dedans » selon l’expression consacrée de Merleau Ponty.

De ce fait, il y a dans le coup de pinceau de Maria Kermadi une urgence fiévreuse qui la transforme de l’intérieur tout en transfigurant le monde qui l’entoure et l’interpelle par ses violences, ses déchirures, ses amours et ses désillusions. La vision qu’elle déploie dans ses toiles se nourrit de ces questionnements et de cette connexion du corps à son environnement.

Bougdal Lahsen, écrivain et poète

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