Mariage et concubinage dans les pays arabes, dernière publication de Chakib Guessous

Chakib Guessous

Chakib Guessous aborde dans cet ouvrage les formes nouvelles  de  conjugalité dans les pays arabes (Égypte, Maroc, Pays du Golfe, Syrie et Tunisie) rendues  licites afin de concilier les impératifs liés aux besoins naturels et ceux liés à la  religion musulmane.

 À  propos  du livre

À côté du mariage régulier traditionnel se développent aujourd’hui, en pays arabes, de multiples formes de concubinage « halalisées », c’est-à-dire rendues licites, afin d’adapter l’union moderne aux profonds changements des sociétés et aux exigences de la religion.

Ce livre aborde, de façon inédite, les formes traditionnelles adaptées du mariage (mariage coutumier, mariage du voyageur, mariage temporaire…) et les nouvelles formes de conjugalité et de relation de couple dans les pays du golfe, en Égypte, en Syrie et dans le Maghreb  et décrit leurs dérives fréquentes qui leur ôtent la licéité recherchée.

Il y analyse l’évolution de l’union conjugale, l’un  des phénomènes les plus marquants de l’évolution sociétale traditionnelle récente. Un monde est en train de changer. Ce livre l’explique.

→ Lire aussi : Le Corps Enchaîné, Comment l’islam contrôle la femme Dernier livre de Mohammed Ennaji


Pour ce faire, l’auteur a choisi de le situer à l’intersection des sciences humaines et des sciences sociales en appréhendant les dimensions historiques, religieuses, sociales, légales, psychologiques, des différents types de mariage. Adoptant une attitude toujours légaliste, tant à l’égard du droit positif qu’à l’égard du droit  coranique, Chakib Guessous s’attache à mettre en évidence toutes les conséquences psychologiques et sociales de ces formes de conjugalité au formalisme des plus succincts sans pour autant prononcer de jugements.

Ce travail propre à éveiller une prise de conscience de réalités sociales chez des lecteurs de culture moderne devrait aussi entraîner au minimum une réflexion chez les tenants d’un certain traditionalisme.

Quelques extraits

« Sous l’effet de la religiosité ambiante et du glissement progressif des populations vers le salafisme, les jeunes refusent les relations sexuelles hors mariage, interdites par la religion. Or, ils sont aux âges où les pulsions sexuelles sont inextinguibles. Ils veulent, de suite, pratiquer une sexualité qui soit en conformité avec la religion. Autrement dit, ils ont besoin d’une couverture religieuse à la satisfaction de leur libido. Le mariage coutumier se prête parfaitement à cet effet. » Page 146

 « Les étudiants, les jeunes sont conscients que ce coup de foudre n’est pas forcement pour la vie. La jeunesse arabe actuelle, imbue à la fois du salafisme et du post modernisme, n’envisage plus de passer toute sa vie avec la même personne et refuse de s’engager pour toujours. Elle préfère ne s’engager qu’à minima et à temps limité. Elle se sent séduite par l’esprit de zawaj al mut’a, le mariage temporaire qui se conclut pour une durée relativement courte. De même qu’elle est séduite par nikah al-misyar dont l’engagement est réduit à l’extrême par l’absence d’entretien financier et l’absence de cohabitation. » Page 264


 « En réalité, ces formes de conjugalité sont un sésame de liberté sexuelle. En se  liant par ces unions, on donne libre court à tous ses fantasmes charnels. On les arrête quand on veut, sans conséquences, particulièrement en ce qui concerne l’homme. On peut reprendre avec un autre partenaire. C’est une liberté sexuelle totale. Il suffit juste de se marier à chaque fois, autrement dit, juste de satisfaire à quelques critères de validités dictés par la religion comme le prononcé de la formule de conclusion, la dot, la présence de deux témoins et l’observation de la durée de viduité en fin d’union. On peut ainsi multiplier les unions à l’infini, sans toutefois dépasser la limite coranique de quatre partenaires en même temps. » Page 265

À propos de l’ auteur

Chakib Guessous est médecin, sociologue et anthropologue. Il travaille depuis longtemps sur l’évolution de la société traditionnelle marocaine. Il articule ses recherches autour de trois pôles : la défense des droits de l’enfant dont la scolarité et l’alphabétisation ; la jeunesse et le célibat ; la pauvreté et l’exclusion sociale. Il a notamment publié L’Exploitation de l’innocence, le travail des enfants au Maroc (Eddif, 2004), Grossesses de la honte, étude sur les filles-mères et leurs enfants au Maroc (Afrique Orient Eds, 2013) et Sociologie et prise en charge des enfants de la rue.