Le Maroc à l’UA : Pertinence, clairvoyance et combativité du Roi Mohammed VI

Par 39 voix sur 54, la quasi unanimité des chefs d’Etat africains, réunis lundi 30 janvier dans le cadre du XXVIIIème Sommet de l’UA, a voté en faveur du retour du Royaume du Maroc au sein de l’organisation panafricaine. Résultat plus que victorieux, on le doit au Roi Mohammed VI qui, patiemment, laborieusement, avec un acharnement d’artisan, a conduit la bataille, l’une des plus épiques et illustres pour redonner âme et force à notre diplomatie.

Ce que le Roi Mohammed VI a fait gagner au Maroc se mesure à l’aune des ambitions de notre pays, être au carrefour du progrès, de la croissance, du développement et de l’unité continentale de l’Afrique.

Nul mieux que Sa Majesté le Roi Mohammed VI n’a su et ne sait mieux défendre cette cause sacrée, qui est celle de la reconnaissance de notre droit et de notre intégrité territoriale. On le doit à sa vision clairvoyante  mais aussi au précieux et inestimable soutien de la quasi unanimité des pays africains frères. Leurs dirigeants, leurs peuples nous ont apporté leur aide sans limites, ni conditions.

La presse algérienne – relais de ses dirigeants –  s’est vainement acharnée à vouloir nous fourvoyer sur l’article 4 de la Charte constitutive de l’Union, sur « le respect des frontières existantes à l’accession à l’indépendance ». Autrement dit, elle caricaturait une vérité historique et politique dans le sillage de la doctrine officielle du gouvernement algérien, à savoir le Sahara était « terra nullius », abandonné à lui-même. Or, la Charte de l’UA est une chose, que le Maroc respecte au demeurant et à laquelle il a décidé de souscrire pour acter son retour, mais l’histoire et le droit en sont une autre.


Quand l’Espagne avait occupé en deux étapes le Sahara, la première fois en 1884, et la deuxième en 1930, le territoire n’était pas sans habitants et sans âme, il n’était pas démuni d’êtres. En signant la Charte de l’ex-OUA en 1963, le Maroc avait bel et bien émis une réserve officielle quant à la clause relative aux frontières héritées de la décolonisation qu’il contestait fermement. Pourquoi cette réserve ? Tout simplement parce que la France en quittant l’Algérie lui avait cédé des territoires marocains qui longent le sud-est, et parce que l’Espagne maintenait toujours sous sa coupe le Sahara, Ceuta, Mellila et les Iles Jaafarines. Il convient de signaler que, dans ce cadre, le Maroc avait préféré négocier directement la question des frontières du sud-est avec l’Algérie, fraîchement indépendante, dans un esprit de fraternité et de bon voisinage. Grand mal lui en a pris ! Il payera cher cette erreur…

Quant au Sahara, notre pays ne pouvait guère prévoir déjà en 1963 – date de la création de l’OUA – la future trahison des dirigeants algériens de 1974-1975…Jusqu’au Sommet arabe de la Ligue arabe, tenu en 1974 à Rabat, Boumediene affirmait du haut de la tribune que « l’Algérie soutenait la lutte du Maroc contre l’Espagne pour libérer son Sahara face à l’Espagne » ! Sa déclaration est toujours  consignée et enregistrée dans les archives des travaux du Sommet. Bouteflika était alors son tonitruant ministre des Affaires étrangères…

Il faut espérer, maintenant que notre pays retrouve sa place d’acteur majeur au sein de la grande famille africaine, que les dirigeants algériens et ceux qui les suivent, reprennent leur esprit et éteignent les incendies qu’ils n’ont cessé d’allumer contre le Maroc depuis 44 ans bientôt et qu’enfin la vérité vainque.

Hassan Alaoui est le Directeur de la publication de « Maroc diplomatique » , il a dirigé pendant de longues années la rédaction du quotidien « Maroc Soir » et du « Matin » . Il a été aussi éditorialiste des mêmes titres. Il a collaboré à plusieurs autres titres de presse. Auteur du livre « Guerre secrète au Sahara occidental », il suit et analyse pour nous l’actualité politique, nationale, régionale et internationale.