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Merkel prépare sa succession en renonçant à la présidence de son parti

Merkel prépare sa succession en renonçant à la présidence de son parti

Angela Merkel a décidé de renoncer en décembre à la présidence de son parti, selon des proches, un signe que la chancelière allemande prépare sa succession au lendemain d'un nouveau revers électoral cuisant.

Dans le même temps, selon l'agence allemande dpa Mme Merkel a annoncé à la direction de sa formation qu'elle resterait à la tête du gouvernement, son mandat expirant en 2021.

En décembre, Angela Merkel "ne se représente plus à la présidence du parti" de centre-droit CDU qu'elle préside depuis 18 ans, a indiqué un responsable du parti sous couvert d'anonymat à l'AFP, confirmant des informations relayées par les principaux médias allemands alors qu'une réunion de la direction de la CDU était en cours lundi matin.

Il s'agit d'une volte-face, conséquence d'un lourd revers électoral la veille pour son mouvement dans la région de Hesse.

Mme Merkel avait jusqu'ici toujours dit considérer que la présidence de l'Union chrétien-démocrate (CDU) et la chancellerie allaient de pair, au risque sinon pour le chef du gouvernement de perdre en crédibilité et autorité. En agissant ainsi, elle permet à un ou une successeur d'émerger.

Elle-même doit s'exprimer en début d'après-midi (12H00 GMT) et préciser ses intentions.

La chancelière lutte depuis des mois pour le maintien de sa coalition avec les sociaux-démocrates, mais celle-ci apparaît au bord de l'implosion après des échecs électoraux pour les deux partis dimanche en Hesse et début octobre en Bavière.

Mme Merkel, qui dirige le pays depuis 13 ans, est elle de plus en plus contestée dans ses rangs et dans l'opinion publique.

Les deux scrutins régionaux du mois d'octobre faisaient figure de test national de popularité pour Angela Merkel et son équipe à Berlin. Son retrait de la présidence de la CDU semble être la première conséquences de ces échecs.

Depuis des semaines, le débat sur la succession de Merkel au sein du parti CDU n'est plus tabou, tant elle apparaît usée par le pouvoir 13 mois après sa victoire étriquée aux législatives.

En réalité, sa popularité n'a cessé de refluer depuis sa décision d'ouvrir les frontières du pays à plus d'un million de demandeurs d'asile en 2015 et 2016, à mesure que celle de l'extrême droite anti-migrants progressait.

→Lire aussi: Un sommet entre Russie-Turquie-France-Allemagne sur la Syrie pourrait avoir du sens selon Merkel

Plusieurs cadres de son parti réclament depuis des mois un coup de barre à droite et demandent à Angela Merkel de préparer sa succession. Celle-ci avait refusé jusqu'ici de publiquement débattre de son avenir.

L'autre grande source de difficultés pour la chancelière est son allié social-démocrate.

La présidente du SPD Andrea Nahles a agité dimanche soir la menace d'un départ du gouvernement faute de garanties rapides sur un meilleur fonctionnement du gouvernement, miné depuis des mois par des querelle internes, notamment sur la politique migratoire.

"L'état dans lequel se trouve le gouvernement est inacceptable", a-t-elle lancé.

Les militants sociaux-démocrates sont de plus en plus nombreux à réclamer une cure d'opposition, par crainte de voir leur parti disparaître.

Dimanche en Hesse, la CDU est certes arrivé en tête en Hesse et va pouvoir continuer à diriger le Land au sein d'une alliance, mais son score de 27% représente un recul de plus de 11 points par rapport au précédent scrutin de 2013. Repli d'ampleur similaire pour le SPD qui émarge à 19,8%.

A l'inverse, les écologistes ont doublé leur score et l'extrême droite est entrée dans le dernier parlement régional où elle n'était pas encore représentée.

"La situation pour Merkel est sérieuse. La question est de savoir si nous allons bientôt devoir apposer derrière sa coalition la mention: en liquidation", ironisait lundi dans un éditorial le quotidien de référence Süddeutsche Zeitung.

Le chef de la CDU en Hesse Volker Bouffier, pourtant considéré comme un proche d'Angela Merkel, a jugé que le piètre résultat dans son Land constituait "un signal d'alarme" pour le mouvement "et également pour notre présidente".

Le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung juge lui que ce serait "une grave erreur" pour Angela Merkel de s'accrocher à son poste "vu sa situation". Il lui faut "prouver qu'elle a compris ce que tout le monde sait: la fin de son mandat de chancelière se rapproche", ajoute le journal lundi.

MD avec l'AFP

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