Migration irrégulière: La France et l’Espagne veulent coopérer davantage avec le Maroc

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La France et l’Espagne ont convenu de renforcer leur coordination pour la coopération avec le Maroc en matière de lutte contre la migration irrégulière, soulignant par la même l’importance du soutien financier de l’Union européenne (UE) aux efforts déployés du Maroc dans ce domaine.

La coopération avec le Maroc a été abordée, jeudi, lors d’entretiens à Paris entre Laurent Nunez, secrétaire d’Etat français auprès du ministre de l’Intérieur et Ana Botella, secrétaire d’Etat espagnole chargée de la Sécurité qui se sont mis d’accord pour porter la coopération en matière de lutte contre la migration irrégulière «au même niveau que la coopération en matière de sécurité».

«A cette fin, ils ont pris la décision de renforcer leur coordination pour l’appui et la coopération avec le Maroc en matière de lutte contre l’immigration irrégulière», souligne un communiqué conjoint relatif à ces entretiens publié sur le site du ministère français de l’intérieur.

«Il est nécessaire que l’Union européenne fournisse dans les meilleurs délais un effort financier conséquent pour appuyer les efforts du Maroc pour entraver l’action des trafiquants d’êtres humains et les flux d’immigration irrégulière vers l’Europe», ajoute la même source.

L’UE a renforcé récemment son soutien au Maroc pour lutter contre la migration irrégulière en portant à 148 millions d’euros le montant total mobilisé en 2018 au titre de son Fonds fiduciaire d’urgence pour l’Afrique.


Ce financement, qui s’inscrit dans le cadre du «soutien constant» apporté par l’UE à la stratégie nationale marocaine de migration et d’asile, «contribuera à intensifier la lutte contre le trafic de migrants et la traite d’êtres humains, dont un renforcement de la gestion intégrée des frontières», a souligné la Commission européenne en réaffirmant le soutien de l’UE au Maroc pour lutter contre la migration irrégulière «dans un contexte de pressions migratoires accrues le long de la route de la Méditerranée occidentale».

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Lors de leurs entretiens, M. Nunez et Mme Botella ont décidé, par ailleurs, de mettre en place une coordination franco-espagnole pour renforcer la gestion conjointe de la frontière commune, tout en rappelant leur attachement à la vitalité de l’espace de libre-circulation Schengen et en reconnaissant l’importance du rétablissement temporaire des contrôles aux frontières intérieures de l’UE en raison de la menace terroriste.

Outre la migration irrégulière, les responsables français et espagnol ont évoqué la coopération entre les deux pays en matière de sécurité et de lutte contre le terrorisme.


Les responsables français et espagnol se sont félicités, à cet égard, de l’excellente coopération existant entre les services de police et de gendarmerie respectifs, ainsi qu’entre services de renseignement des deux pays.

«Cette coopération montre chaque jour son efficacité en matière de lutte contre le crime organisé», affirme le communiqué conjoint en observant que celle-ci «a été déterminante pour juguler la menace que constituait ETA» comme «elle reste essentielle pour lutter contre le terrorisme islamiste».

S’agissant enfin du régime d’asile européen commun, les deux secrétaires d’Etat ont souligné leur attachement à la révision du règlement de Dublin, afin de garantir la responsabilité partagée et la solidarité entre Etats membres et de lutter plus efficacement contre les flux migratoires secondaires irréguliers au sein de l’UE, tout en garantissant un droit d’asile effectif pour les réfugiés en besoin de protection internationale.

«La France et l’Espagne travailleront ensemble à faire progresser les négociations européennes en vue de faire aboutir la réforme du Système européen commun d’asile dans les meilleurs délais afin de pouvoir efficacement et durablement faire face aux enjeux migratoires actuels et à venir», assure le communiqué conjoint.


Ces entretiens s’inscrivent dans la continuité du déplacement du ministre français de l’intérieur, Christophe Castaner, à Madrid le 12 novembre dernier, où il a rencontré son homologue espagnol, Fernando Grande-Marlaska.