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Mohamed Amine Demnati, une vie courte et un riche répertoire qui en dit long sur un artiste d’exception

L’artiste peintre, feu Mohamed Amine Demnati, disparu à la fleur de l’âge, a laissé un répertoire riche qui en dit long sur un artiste exceptionnel et accompli dont la sensibilité, l’intelligence et l’humour ont ému tous ceux qui l’ont connu ou fréquenté.

Lors de la cérémonie d’hommage à la mémoire de cet artiste hors du commun et aux oeuvres éternelles, ils étaient plus d’un à témoigner des innombrables qualités humaines de feu Mohamed Amine Demnati ainsi que de l’étendue de son talent.

Dans un auditorium où la chaleur des émotions faisait oublier le froid glacial qui régnait en dehors du Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain (MMVI) à Rabat, Maurice Arama, auteur du livre du beau-livre “Amine Demnati, vingt-neuf printemps, un été”, a mis en avant les qualités humaines du défunt.

Avec son intelligence, sa sensibilité, sa curiosité vive et son humour, feu Amien Demnati a dessiné l’avenir de son enfance, a indiqué M. Arama lors de cette cérémonie, tenue sous le Haut patronage de SM le Roi Mohammed VI et présidée par SAR la Princesse Lalla Salma.

“Enfant, tu jouais avec tes tâches de la lumière, adolescent, tu contemplais leur ombre… “, ainsi commença Arama son mot, parlant du défunt à la 2ème personne du singulier.

“Toute ta vie était musique que tu partageais avec tes amis”, a lancé M. Arama avec un ton qui cachait mal sa tristesse. “Demnate ta racine, le Maroc ta fierté et le Roi ton Souverain”, a-t-il ajouté, rappelant, ainsi, le sentiment d’appartenance dont s’enorgueillissait le défunt là où il se trouvait. L’auteur du livre s’est même permis de paraphraser André Malraux lorsqu’il rendait hommage à Jean Moulin, l’une des figures de la résistance française: “Alors, entre ici Amine Demnati, dans cette maison dont tu as souhaité l’existence (…) et retrouve ton ami Ahmed Cherkaoui !”.

Pour sa part, le président de la Fondation nationale des musées du Maroc, Mehdi Qotbi, a souhaité la bienvenue à SAR la Princesse Lalla Salma qui présidait cette cérémonie à l’occasion du 46ème anniversaire de la disparition de Mohamed Amine Demnati, louant “la présence et le soutien indéfectible de Son Altesse Royale qui sont d’une valeur inestimée”. M. Qotbi a également salué l’intérêt accordé par SM le Roi aux arts et à la culture et qui s’est manifesté surtout par la création du MMVI.

Le musée accueillera en 2018 une exposition rétrospective consacrée à l’artiste feu Ahmed Cherkaoui et en avril une exposition méditerranéenne d’arts modernes où Matisse, Picasso et d’autres seront présents à travers leurs œuvres éternelles, a-t-il annoncé.

En 2019, le MMVI va accueillir une exposition sur les impressionnistes, a-t-il ajouté, soulignant que ces activités témoignent du soutien appuyé de SM le Roi Mohammed VI à l’art et à la culture. De son côté, le frère du regretté, Hassan Amine Demnati, a fait part de toute sa gratitude pour la Haute sollicitude dont SM le Roi Mohammed VI entoure cette cérémonie. Pour lui, la publication du beau livre, qui a déjà été remis à SM le Roi qui présidait à Fnidek une réception à l’occasion du 54-ème anniversaire du Souverain, a pour but de “préserver le répertoire riche de cet artiste fier de ses origines”.

Il a, à cette occasion, exprimé ses remerciements à SM le Roi pour l’intérêt qu’Il ne cesse d’accorder aux artistes et à tous ceux qui ont contribué pour que ce livre voit le jour. Le beau livre “raconte le parcours extraordinaire d’un artiste que la peinture a avalé, que la vie a aimé et que la mort a emporté trop vite“, a déclaré à la MAP M. Arama peu avant le début de la cérémonie.

“Ce garçon beau et aimable a fait des choses étonnantes“, d’après l’auteur du livre qui estime que toute son œuvre est née quelques mois après son voyage à la Mecque où il a reçu une illumination et où on le voit dans un certain nombre de peintures où il a pu s’exprimer et quitter les carcans de l’école et les habitudes scolaires pour se libérer.

“C’est cette liberté que l’on retrouve dans la peinture de ce jeune artiste”, a-t-il ajouté. Feu Demnati, dont l’œuvre varie du courant naïf au figuratif et des fois à l’abstrait, a suivi ses études primaires et secondaires à Casablanca où il a été pris en charge par son oncle maternel Mohamed Tabiti, a indiqué à la MAP son frère.

Avec son coup de pinceau hors du commun, le regretté qui aimait dessiner des foules en mouvement, se basait sur une multitude de matières et de supports pour représenter le Maroc dans toute sa splendeur, sa diversité et son authenticité. Sa célèbre toile “Foule à Marrakech” a été vendue en 2014 à 150.000 euros par la salle de ventes parisienne Artcurial.

Dans les toiles de l’artiste, qui été fauché par une rafale de mitraillette le 10 juillet 1971 à Skhirat en faisant partie des invités des célébrations du 42ème anniversaire de Feu SM Hassan II, “l’humour ne perd aucun de ses droits”, selon le poète Kamal Zbdi. Pour Zakya Daoud, Demnati “rappelle la fête du printemps à travers des couleurs gaies, éclatantes et vivantes, tout en conservant l’essentiel de ses œuvres : la retenue, la discrétion, la légèreté, l’harmonie surtout“.

Né à Marrakech le 15 janvier 1942, le regretté a intégré, après le Brevet d’études du premier cycle du second degré (BEPC), la section des arts appliqués au collège Mers Sultan. A Paris, il poursuit ses études à l’École des arts appliqués et y organise sa première exposition en 1961. De retour au Maroc, Amine Demnati expose à Rabat, Marrakech et Casablanca, et participe aux débats sur la situation des arts au Maroc et à la création de l’une des premières associations des plasticiens marocains.

-Par Soumia AL ARKOUBI-

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