Mohamed Hajib ou la déception du rêve Afghan

Par Amine Ryad

Alors que le Maroc s’apprêtait à élire son prochain chef de gouvernement, après une campagne électorale, qui a vu les principaux candidats exposer leurs différents programmes pour les cinq prochaines années, un autre candidat …. au jihad, du nom de Mohamed Hajib, s’égosillait, depuis sa chaumière rustique en Allemagne, à convaincre ses followers du « bienfondé » de sa diatribe extrémiste, qui reflète les profondes frustrations qu’il a accumulé au cours de ses mésaventures terroristes en Afghanistan, dont il garde un amer souvenir et probablement des séquelles psychologiques résultant des désillusions vécues.

En effet, Abu Omar Al-Almagni, comme il aime être appelé, s’est d’abord radicalisé à la mosquée « Ali » de Duisburg, au pays de Goethe, avant de décider de tracer sa route vers le jihad en se rendant à Panjgur et dans le Waziristân pakistanais, en passant par Mechched en Iran. Sans le sou, Hajib a dû, d’abord, se débarrasser de sa femme irlandaise et de ses enfants, qu’il s’est empressé de renvoyer au Maroc, tout en sécurisant le financement de son « périple vers les ténèbres », grâce à la vente d’une vingtaine de bécanes. Car si tous les jeunes rêvent d’effectuer un road trip, notre islamo-boche et son compagnon de route Youssef, un allemand d’origine palestinienne, étaient plutôt excités de faire un voyage vers la mort, semé de mauvaises surprises.

Le fanatique Hajib, en arrivant chez son mentor Abu Abd-Errahman, alias « Abu Hamza », a dû payer de ses propres deniers les munitions qui ont servi à sa formation de terroriste. Il a du raquer 1000 dollars pour acquérir un fusil kalachnikov et ses 120 cartouches, alors que pour le même attirail, Youssef ne s’est vu réclamer que la moitié de cette somme. Sacrée déception pour Hajib !

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Et la désillusion ne s’est pas arrêtée là. Rêvant des 72 vierges et du titre de martyr, Hajib fût cantonné, durant son « stage » à des taches ménagères, notamment en veillant à faire les courses pour une dizaine de femmes veuves de combattants azéris, d’autant plus, que les fortes chaleurs dans cette zone et l’insalubrité manifeste des personnes sur place, ont provoqué, chez cet homme de peine d’Al Qaida, un début de malaria, avant de se transformer en hépatite aigue.

Face à ce constat amer et après avoir appris de la bouche de son ami marchand d’armes algérien Ibrahim, alias « Abu Soulaimane », que les combats se déroulent, en majorité, face à des soldats afghans et pakistanais et non pas les troupes américaines, qui préfèrent mener, quant à elles, des attaques aériennes, Mohamed Hajib s’est finalement résolu à jeter son tablier, son plumeau et ses gants de ménage, pour rebrousser chemin vers l’Allemagne, où les autorités lui interdiront, en premier lieu, l’accès à leur territoire, avant de l’accueillir à bras ouvert, au « Germanistan », près d’une décennie plus tard.

Il serait peut-être judicieux pour l’Allemagne d’utiliser a bon escient le logiciel espion « Pegasus », acquis en 2019, par le BKA, le service de renseignement intérieur, car si après toutes ces preuves établies sur son penchant terroriste, Mohamed Hajib alias « Abu Omar Al-Almani » continue à être benoitement considéré, par ce pays, comme un youtubeur qui exerce sa liberté d’expression, alors il serait peut-être temps de s’interroger sur l’identité du véritable protecteur de ce jihadiste, qui n’a jamais, jusqu’à ce jour, retiré son allégeance à l’organisation de Ben Laden.

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