Monnaie virtuelle : le Maroc, est-il en train de rater le train des Bitcoins?

La blockchain (ou chaîne de blocs) est une chaîne d’informations organisée en base de donnée  sécurisée par cryptographie, apparue en 2008 avec la monnaie numérique bitcoin, dont l’architecture est développée par son créateur portant le pseudonyme de Satoshi Nakamoto.

Dans la quasi-totalité des secteurs d’activité, les intermédiaires s’accaparaient souvent des commissions énormes lors des transactions basées sur des informations vérifiées et opportunes. Mais avec cette nouvelle technologie (la blockchain), qui est en train d’envahir tous les secteurs, en raison, d’une part, de sa sécurité éprouvée, par conséquent une appétence au risque réduite à un minimum très bas. D’autre part, de son coût réduit au maximum, voire remis à zéro en raison de son principe « peer to peer » via le net, en mode direct sécurisé, où les intermédiaires sont court-circuités, donc les commissions y afférentes éliminées.

Autrement dit, toute personne possédant un smartphone connecté à internet pourrait avoir accès à ce service, sans rien débourser, pour effectuer des transactions à risque très faible.

Aujourd’hui, le volume mondial des transactions en Bitcoins connaît un essor des plus grands et ouvre de nouveaux horizons dans le monde des finances virtuelles comme le décrit la courbe ci-dessous.


courbe d'évolution

                                                                  Cours du 03/12/2017 Source : www.bitcoin.fr

cours bitcon le 061217

Le bitcoin cette monnaie virtuelle qui va bouleverser les transactions commerciales a atteint dans un temps record la somme de 10.000 $.

Cette monnaie, qui vient à point nommé pour constituer une aubaine pour les pays en voie de développement ou émergents, en Afrique et ailleurs, vient d’être bannie par les instances de régulation marocaine sans aucune analyse scientifique valable et argumentée.

Au moment où les autres pays, ayant mesuré l’impact positif de cette monnaie,  se sont empressés de réguler leurs transactions avec ce protocole, le Maroc, dans sa position de hub de l’Afrique, tergiverse, d’abord, et adopte, ensuite, la mauvaise décision, au lieu de prendre le train en marche, et régulariser ces transactions via des agréments pour les sociétés high tec locales.


Le manque à gagner est là. Une participation ou prélèvement par bit qui transite pourrait constituer une recette non négligeable qui renflouerait les caisses de l’état au lieu que les « Bitconteurs » marocains, une génération de nouveaux traders qui commence à voir le jour,  qui ont le mérite de suivre l’évolution  et rester  dans l’air du temps ne soient lésés et dépossédés des fonds en monnaie virtuelle durement obtenus.

Le judicieux aurait été, au lieu d’interdire sans raison, de créer une loi pour réguler, en consultation avec les spécialistes du domaine et toutes les composantes des autorités monétaires ainsi que leurs partenaires (L’Office des changes, Bank Al Maghrib, les professionnels, le Ministère du Commerce et de l’Industrie et des nouvelles technologies).

Etant spécialiste, j’ai été surpris, et pour sûr effaré, en suivant une émission, diffusée dernièrement, sur l’une des radios casablancaises, par l’entêtement du Représentant de l’Office des changes  qui se cachait derrière la décision d’interdiction pure et simple au lieu de penser aux immenses retombées positives que peut avoir ce protocole sur l’économie.

Bien que M. Jamal Ben Hammou, Directeur du Soft Centre, accompagné du juriste et de  l’expert du Block change aient proposé des alternatives objectives, qui nécessitaient seulement d’être creusées par une étude de faisabilité, notre illustre institutionnel est resté de marbre et a adopté la politique de l’autruche. C’est vrai que le risque de l’erreur, en cette période de réplique de séisme, plane sur tout le monde,  mais il faut admettre, en revanche, que ne se trompent que ceux qui travaillent.


Il est quand même dommage de constater, encore une fois, que ceux qui détiennent le pouvoir dans l’administration marocaine ne se documentent pas assez pour savoir que le monde d’aujourd’hui requiert, de notre part, plus d’effort et de vigilance pour atteindre la vitesse de croisière de nos contemporains. Au moment où l’informatique de l’ambiant s’implante partout et ce depuis 2010, nous sommes encore à nous demander ce que peut nous apporter d’avoir l’information sous forme de bits en un temps record.

On comprend aisément, maintenant, pourquoi nos développeurs, intégrateurs et analystes préfèrent s’exiler sous d’autres cieux pour fuir cette ignorance digitale du bit que nos administrateurs, restés à la traîne, dans ce domaine, ont peur de reconnaître. Nos voisins maghrébins ne manqueront pas de sauter sur l’occasion pour monter un hub africain sur ce plan et nous damer le pion.

Abderrazaq MIHAMOU

Expert TIC & Organisation


Directeur Général Groupe Eclisse