La montée en puissance d’Uber exacerbe la frustration des taxis traditionnels

File illustration picture showing the logo of car-sharing service app Uber on a smartphone next to the picture of an official German taxi sign in Frankfurt, September 15, 2014. A Frankfurt court earlier this month instituted a temporary injunction against Uber from offering car-sharing services across Germany. San Francisco-based Uber, which allows users to summon taxi-like services on their smartphones, offers two main services, Uber, its classic low-cost, limousine pick-up service, and Uberpop, a newer ride-sharing service, which connects private drivers to passengers - an established practice in Germany that nonetheless operates in a legal grey area of rules governing commercial transportation. REUTERS/Kai Pfaffenbach/Files (GERMANY - Tags: BUSINESS EMPLOYMENT CRIME LAW TRANSPORT)

Présente au Maroc depuis l’été 2015, la compagnie Uber ambitionne de créer jusqu’à 10.000 nouvelles opportunités économiques pour des auto-entrepreneurs. C’est ce que vient d’annoncer la société de transport américaine. Une annonce qui ne sera pas du goût des professionnels du transport nationaux qui n’ont cessé de contester l’activité de ce nouveau concurrent.

Mettant à profit son succès au Maroc, la société américaine de véhicules de transport avec chauffeur (VTC) Uber compte naturellement poursuivre l’expansion de ses activités au Royaume. Elle cherche à créer 10 000 postes au Maroc et annonce, également, le lancement d’Uber Movement, une plate-forme destinée à aider les villes à mieux comprendre l’environnement du transport urbain, à améliorer les infrastructures et le cadre de vie des habitants.

Selon un communiqué de la société américaine, « le Maroc constitue aujourd’hui l’un des marchés les plus porteurs d’Uber sur le continent africain ». La société compte profiter des fonds alloués par l’Etat à la promotion et au développement du secteur du transport urbain, notamment, au niveau de la métropole où il concentre à lui seul 27 milliards de dirhams (Mrds Dhs) sur les 33,6 Mrds Dhs au Plan de développement stratégique de Casablanca pour la période 2015-2020.

Dix mille chauffeurs de plus


En favorisant la transformation numérique du secteur des transports, la société qui est par ailleurs source de controverses dans presque tous les pays où elle a atterri, continue de gagner du terrain par rapport aux opérateurs nationaux qui n’arrivent toujours pas à se mettre à la page.L’entreprise estime que sa plate-forme technologique opère et son approche « a largement bénéficié au Maroc, puisque c’est dans ce pays qu’Uber a choisi d’installer l’un de ses plus grands centres de service après-vente : celui-ci a aujourd’hui sous sa responsabilité plus d’une dizaine de pays des régions MENA et Europe ».

Dans un long communiqué vantant ses propres mérites, notamment de sécurité sur la route, Uber clame sa volonté de « renforcer la sécurité des chauffeurs et des passagers » en rappelant que « près de 79 000 accidents de la circulation ont été enregistrés au Maroc en 2015, générant des pertes économiques de plus de 11 milliards de dirhams, soit 2,5 % du PIB national ».

Comment ? C’est la grande question qui se pose.

Relance de la guerre avec les taxis


Parmi les 10.000 postes qu’elle compte créer à moyen terme « sans menacer les autres pans de l’économie du transport » selon les termes de son communiqué, au moins 3 000 concernent Casablanca. Ce qui augure d’une relance de sa guerre avec les « taxis ». Les conducteurs de ces derniers considèrent Uber comme « un transporteur clandestin des temps modernes ». Rappelons que la plate-forme contestée dans les 70 pays où se connectent chauffeurs et passagers d’Uber, a provoqué depuis son arrivée au Maroc en 2015 l’ire des opérateurs du transport et en particulier les chauffeurs des taxi. A Casablanca, la colère des taximan est montée à tel point que cette «guerre» a fini par dégénérer. Plusieurs chauffeurs d’Uber ont été victimes d’agression. Malgré ces actes sauvages, la société ne propose aucune protection de ses chauffeurs. Des chauffeurs de taxis mécontents ont pu piéger leurs homologues d’Uber et les ont livrés à la police comme des « transporteurs clandestins ». Se faisant passer pour des usagers, ils appellent les chauffeurs d’Uber, les encerclent et les livrent aux policiers de la route. Une machiavélique et finalement indigne, qui donne le preuve de l’exacerbation des sentiments contradictoires : les taxis rouges, tout en contestant la modernisation du secteur, n’entreprennent en revanche rien pour être à la hauteur des défis de la ville…