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Multinationales et coronavirus: les gagnants et les perdants

La pandémie de coronavirus, qui a plongé l’économie mondiale dans la récession en 2020, a plombé les résultats de nombreuses multinationales, mais certaines sont sorties gagnantes de la crise, selon une étude du centre de recherche de la banque italienne Mediobanca.

Cette analyse, publiée mardi, est basée sur les résultats financiers de près de 200 entreprises ayant un chiffre d’affaires supérieur à trois milliards d’euros. En moyenne, ces multinationales ont vu leurs ventes reculer de 3,1% en 2020.

Les géants de l’internet sont sans conteste les grands vainqueurs de la pandémie. Le chiffre d’affaires du secteur (Amazon, Alphabet, Microsoft …) a bondi de 19,5% en 2020 et son bénéfice opérationnel de 24,7%.

“Les mesures de distanciation sociale” prises pour endiguer la pandémie et “le changement des habitudes des consommateurs” ont dopé en grande partie l’activité des colosses du web, a commenté Mediobanca.

Mais si le commerce en ligne a le vent en poupe, avec une hausse des livraisons de repas à domicile et des jeux vidéo, les ventes de voyages en ligne ont plongé (-54,3%).

Autre gagnante, la grande distribution (Walmart, Carrefour..) avec une hausse de 8,5% des recettes et de 18,4% du bénéfice opérationnel.

“La grande distribution alimentaire, qui n’a pas été touchée par les mesures de confinement, a tiré parti des restrictions imposées à la restauration”, note Mediobanca.

Les habitudes des consommateurs ont changé, avec une augmentation du ticket de caisse moyen, une moindre fréquence des achats et une préférence pour les petits magasins de proximité, le discount et les supermarchés, par rapport aux hypermarchés.

Les ventes en ligne de la grande distribution ont explosé de 115%, mais ne représentent que 8% des recettes.

Pour 2021, les experts prévoient “un recul du secteur au fur et à mesure que la crise sanitaire s’atténue”.

Le secteur électronique (Apple, Samsung, Dell …) a profité de “l’accélération numérique” à l’échelle mondiale, du télétravail et de l’enseignement à distance, avec un chiffre d’affaires en hausse de 5,4% et un bénéfice opérationnel augmentant de 16,9%.

Si les ventes d’appareils électroniques à usage personnel ont augmenté, celles d’équipements de bureaux ont reculé. Pour 2021, le secteur s’attend à une nouvelle hausse de l’activité tirée notamment par la 5G, qui devrait accroître la demande de smartphones, en léger recul en 2020.

Le secteur (Johnson & Johnson, Roche, Bayer ..) a vu ses ventes augmenter de 3%, avec une progression au premier trimestre, un recul au deuxième, puis des hausses au troisième et quatrième, suivant l’évolution de la pandémie. Le bénéfice opérationnel a affiché une petite hausse (+1,4%).

Les ventes du secteur ont pâti du report d’examens médicaux et d’interventions chirurgicales, mais ont été soutenues par les médicaments et tests pour le Covid, en attendant la commercialisation en 2021 des vaccins.

C’est incontestablement le grand perdant: le secteur pétrolier (Aramco, Shell, BP …) a vu son chiffre d’affaires plonger de 32,9% et son résultat opérationnel de 84,6%, en raison de l’effondrement des cours. La demande de pétrole a baissé de 9% en 2020, “la pire chute de l’histoire”.

Pour 2021, Mediobanca met en avant les risques d’un “retard dans la reprise de l’économie” et d’une “période prolongée de faiblesse de la demande d’énergie”.

2020 aura été “l’annus horribilis” pour le secteur des transports. L’industrie automobile (Fiat Chrysler, PSA, Volkswagen …) a vu ses ventes chuter de 12,1% et ses marges de 41,5%. Seules les ventes de véhicules électriques et hybrides ont tenu la route.

Malmenés par l’arrêt des flux touristiques, les constructeurs d’avions (Boeing, Airbus) ont été encore moins bien lotis, avec des recettes en baisse de 26,8% et des pertes opérationnelles.

Pour l’industrie de la mode aussi (LVMH, Adidas …), “2020 a été l’année la plus difficile jamais vécue”, en raison de la fermeture de nombreux magasins et du coup d’arrêt qu’a connu le tourisme, note Mediobanca.

La chute des ventes aura été forte (-17,3%), malgré une hausse de 50% du commerce en ligne, et les bénéfices opérationnels ont plongé de 47,9%.

Après une embellie au quatrième trimestre, le secteur devrait croître d’environ 14% en 2021, tiré par le luxe et la Chine.

En Europe, il faudra cependant attendre 2023 avant de renouer avec les ventes d’avant la pandémie.

( Avec AFP )

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