Le Nigeria réclame l’ouverture d’une enquête internationale après la noyade de 26 jeunes femmes en Méditerranée

Les embarcations de fortune continuent de faire des ravages en pleine Méditerranée, parmi les malheureux subsahariens qui tentent de regagner l’Eldorado européen. Pourtant, des cris d’indignation ne cessent de s’élever pour tirer la sonnette d’alarme et mettre un terme à cette hécatombe devenue presque quotidienne.

C’est dans ce sens que le Nigeria a exigé, mercredi 8 novembre, l’ouverture d’une enquête internationale suite à la mort de quelques 26 jeunes femmes âgées entre 14 et 18 ans, supposées être des ressortissantes nigérianes, alors qu’elles tentaient, désespérément, vendredi 3 novembre, de traverser la Méditerranée pour rejoindre l’autre rive. Dimanche, les corps sans âme de ces victimes ont été évacués par un navire espagnol vers les côtes de l’Italie, un événement tragique ayant poussé les autorités à afficher leur volonté de diligenter une enquête pour cerner avec exactitude les tenants et les aboutissants de ce drame.

Trois victimes ont été retrouvées lors d’une série d’opérations de recherches menées en mer, alors que les vingt-trois victimes restantes seraient mortes suite au chavirement de leur canot pneumatique en pleine mer. Relevant que les victimes étaient âgées de 14 à 18 ans, le ministère nigérian des affaires étrangères, a qualifié cette perte de ‘’monumentale’’ et qu’il s’agit d’un moment triste pour le pays. Ce type d’incident en mer méditerranéenne requiert ‘’un haut niveau d’enquête par les Nations Unies’’, renchérit, de son côté, l’Agence Nationale de Lutte contre le Trafic d’êtres humains (NAPTIP).

Nous avons besoin de connaitre l’identité des propriétaires des embarcations de fortune qui transportent des personnes le long de cet axe (…) afin qu’ils puissent être poursuivis“, ajoute l’NAPTIP. Pour rappel, l’axe maritime reliant les côtes Libyennes au sud de l’Italie, est considéré actuellement, selon les dernières données disponibles, la route la plus empruntée par les immigrés clandestins désirant rejoindre le vieux Continent, dont un nombre conséquent de migrants nigérians. Selon l’Organisation Internationale des migrations (OIM), 75 pc du total des migrants et réfugiés (155.000 individus) qui sont arrivées sur les côtes européennes, par la mer cette année, sont arrivés en Italie.


Ce sont au total 2.715 personnes qui ont péri sur cet axe maritime en Méditerranée entre le 1er janvier et le 5 novembre, rappelle-t-on. Plusieurs observateurs s’accordent à dire que la conjoncture économique morose qui règne au Nigéria suite à la chute drastique des prix des hydrocarbures, et le chômage des jeunes, conjugués à la persistance des activités de réseaux mafieux de trafic d’êtres humains, seraient des facteurs parmi d’autres qui expliquent la prolifération du phénomène de l’immigration clandestine dans ce pays de l’Afrique de l’Ouest.

Othmane Semlali