« Nous ne sommes pas des robots » : La colère du personnel médical suite à l’annulation de leurs congés

Plus de congés pour l’ensemble du personnel médical de santé jusqu’à nouvel ordre. L’annonce de cette décision est tombée comme un couperet pour les médecins du public, qui sont en première ligne de la guerre contre l’épidémie du coronavirus, depuis 5 mois. En réaction à cette décision, le personnel de Santé a organisé, mardi 4 août, dans plusieurs villes des manifestations sur les lieux du travail.

Lundi 3 août,  le ministère de la Santé a annoncé l’annulation de tous les congés pour l’ensemble du personnel médical de santé, y compris ceux ayant déjà pris des vacances. Un délai de 48h est octroyé à ceux actuellement en congé pour regagner leurs postes. La décision du département de la Santé entre en vigueur dès le 3 août et reste maintenue “jusqu’à nouvel ordre”.

Dans un courrier destiné à l’ensemble des responsables des départements de Santé et des directions centrales (directeurs des CHU, directeurs centraux et régionaux du Ministère, directeur de l’Institut Pasteur du Maroc, directrice du centre national de transfusion sanguine et d’hématologie, directrice du centre national antipoison et de pharmacovigilance, directeur de l’Institut national d’Hygiène, secrétaire général et à l’inspecteur général du ministère de la santé), le Ministre Khalid Ait Taleb explique que cela est dû  à “l’évolution de la situation sanitaire” au Maroc, notamment les chiffres records des cas positifs au Covid-19 enregistrés récemment partout dans le Royaume.  Des mesures radicales qui se justifieraient par une explosion des contaminations.

De leur côté, les médecins du public n’ont pas accueilli cette annonce à bras ouverts. Ces derniers contestent ladite décision et affichent leur mécontentement, à travers la mobilisation de plusieurs syndicats représentant le personnel médical, notamment, le syndicat indépendant des médecins du secteur public (SIMSP), qui a sorti un communiqué dénonçant « zéro vacances, zéro repos, pas de motivations, ni d’indemnités ».


Contacté par MAROC DIPLOMATIQUE, le secrétaire général du SIMSP, El Mountadar Alaoui a déclaré : « les médecins ne sont pas des robots », en ajoutant : « je comprends qu’il puisse y avoir des raisons majeures qui ont poussé le département de la Santé à prendre une telle décision, il n’empêche que le personnel médical a besoin de repos pour pouvoir continuer dans cette guerre contre le coronavirus, surtout qu’on n’a pas de visibilité sur la fin de la pandémie ».

Pour ce syndicaliste, « cette crise sanitaire a révélé la nécessité de renforcer le personnel médical », tout en expliquant que le Maroc a besoin de 100.000 cadres médicaux, dont 32.000 médecins et 53.000 infirmiers pour mettre à niveau la Santé publique.

Face à cette situation, ces médecins réclament « des indemnités pour compenser les dommages financiers et psychologiques découlant de ces décisions improvisées ».

La Fédération démocratique du travail (FDT), pour sa part, pointe du doigt, dans un communiqué, le ministère de tutelle pour  l’approche unilatérale que suit ce département dans la prise de décision et dans la gestion de cette crise.