Ouverture à Chefchaouen du 1er Forum mondial des villes intermédiaires

Ouverture à Chefchaouen du 1er Forum mondial des villes intermédiaires

Les travaux du 1er Forum mondial des villes intermédiaires se sont ouverts, jeudi soir à Chefchaouen, sous le thème “Prospectons ensemble l’avenir urbain dans les villes intermédiaires”.

La cérémonie d’ouverture de ce forum, organisé par la Commune urbaine de Chefchaouen et l’organisation Cités et gouvernements locaux unis (CGLU) jusqu’au 7 juillet courant, a été marquée par la présence du chef du gouvernement Saâd Eddine El Othmani, de délégations représentant 45 pays et plusieurs personnalités du monde politique, de la culture et du sport.

Dans une allocution de circonstance, le ministre de l’Aménagement du Territoire, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la Ville, Abdelahad Fassi Fihri, a affirmé que le Maroc est entré depuis des siècles dans une phase d’urbanisation accélérée”, soulignant que la population urbaine représente plus de 60% des habitants du pays, contribue de 75% au PIB et accueille environ 70% des investissements.

“Les villes marocaines, bien qu’elles soient un espace de création de richesse, sont confrontées à de nombreux défis qualitatifs et quantitatifs”, a-t-il noté, estimant que ces défis sont liés à la dynamique internationale basée sur la compétitivité, le processus d’ouverture et de libre échange, aux côtés d’autres problèmes délicats portant essentiellement sur la pauvreté, le chômage, l’exode rural, l’habitat insalubre, le transport, l’eau et la pollution.


Il a également fait état d’environ 60 villes intermédiaires au Maroc, dont la population varie entre 50.000 et 400.000 habitants, soit un total de 6,7 millions d’habitants, ce qui représente 33% de la population urbaine, relevant que celles-ci se situent principalement dans les régions côtières et le centre ou sous forme de villes cosmopolites entourant la ville métropole de Casablanca et l’axe Rabat-Salé.

Ces villes jouent un rôle d’équilibre en allégeant la pression que connaissent les grandes villes, en proposant des solutions alternatives, en assurant l’immobilier et les infrastructures et en créant des opportunités d’emploi au sein des petites et moyennes entreprises ainsi que des conditions convenables sur le plan de la compétitivité et de l’attractivité, a poursuivi le ministre.

De son côté, le président de la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Ilyas El Omari, a indiqué que la gestion des agglomérations humaines en général, et des villes en particulier, n’est pas une chose anodine, expliquant que la mission est devenue plus complexe en raison des évolutions démographiques, de l’épuisement des ressources naturelles et de la prédominance des activités industrielles polluantes, ce qui pose aux villes de nouveaux défis.

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La gestion des villes intermédiaires revêt une importance particulière du fait qu’elles soient passées d’entités semi-urbaines et rurales à des grandes villes ou des métropoles, ce qui leur impose de bénéficier de l’expérience des grandes villes afin de prendre les précautions nécessaires dans la planification urbaine, ainsi que d’opter pour des solutions intelligentes de manière à se transformer en des espaces intégrés avec un souffle humain, environnemental et culturel agréable à vivre, a-t-il ajouté.

Pour sa part, le président de la Commune de Chefchaouen et président de ce forum, Mohamed Sefiani, a fait remarquer que l’organisation de ce forum à Chefchaouen consacre la place distinguée qu’occupe le Maroc au sein de la communauté internationale, soulignant le leadership du Royaume dans divers domaines à l’instar du climat, de l’environnement, du développement durable, de la régionalisation avancée, de la gouvernance territoriale et de la migration.

Grâce à leurs composantes et potentialités, les villes intermédiaires peuvent être engagées dans un avenir prometteur, en assurant une complémentarité avec les grandes et petites villes, a fait savoir M. Sefiani, appelant les institutions internationales et les gouvernements centraux à soutenir les villes intermédiaires afin que celles-ci soient en mesure d’atteindre le développement escompté.

La secrétaire générale de CGLU, Emilia Saiz, a, quant à elle, affirmé que le rêve d’organiser le forum mondial des villes intermédiaires est devenu une réalité, estimant qu’il ne s’agit pas d’une rencontre transitoire mais du lancement d’un agenda pour les villes intermédiaires encadré par une bonne gouvernance et conscient du défi du développement durable.


La première journée de ce forum a été marquée par la signature d’une convention de partenariat entre le ministère, la Direction générale des collectivités locale, le CGLU et le CGLU d’Afrique en vue d’élaborer une stratégie qui érigera les villes intermédiaires en un catalyseur de développement et de croissance et tracera une feuille de route pour un agenda de développement durable.

Le Forum mondial des villes intermédiaires se veut une plateforme visant à jeter la lumière sur la gouvernance multi-niveaux pour la mise en œuvre des agendas communs en tant qu’une feuille de route permettant de passer à l’action dans un cadre institutionnel international.