Noor Ouarzazate: Un modèle fiable pour des écosystèmes viables

 Fort d’une approche équilibrée alliant les dimensions économique, sociale et environnementale, le projet solaire Noor Ouarzazate avance à pas sûrs en capitalisant sur une démarche probante pour consolider sa vocation d’acteur et facteur de l’émergence de la région Drâa-Tafilalet.

Le modèle intégré conçu à cet effet vise à instituer des écosystèmes viables et rentables avec pour objectif de rehausser le niveau de vie des populations locales.

En plus de la production d’électricité à travers des projets d’envergure et la mobilisation des financements nécessaires, l’Agence marocaine pour l’énergie durable (MASEN) œuvre à générer le développement d’un tissu économique compétitif qui dynamise de manière efficiente les compétences existantes et contribue à en créer de nouvelles.

Suivant cette logique, l’écosystème industriel mis en service dans les différentes composantes de la centrale solaire s’autonomise à des niveaux de 30 à 35 pc, des seuils atteints avec l’évolution de ce méga projet qui une fois achevé permettra de satisfaire les besoins en électricité de plus de deux millions d’habitants.


L’exemple de Noor 1 est très significatif car il s’agit d’un projet ancré dans son territoire où plus de 2000 citoyens, dont plus de 30 pc de locaux, se sont fortement investis pour la construction de cette centrale solaire aux meilleurs standards internationaux.

Pour les autres projets du Plan Noor, l’intégration industrielle reste “une priorité”, selon MASEN, et le taux d’intégration industrielle atteint à Noor 2 et 3 s’élève à 35 pc, contre 30 pc pour Noor I.

Afin de mieux comprendre l’intérêt de ces données et permettre aux profanes des questions énergétiques d’en saisir le sens, il y a lieu de rappeler cette définition du concept d’intégration industrielle qui signifie le regroupement au sein d’une même firme des activités situées sur plusieurs niveaux du processus de production.

En termes clairs, cette notion renseigne sur la contribution des sociétés marocaines dans le processus de production de Noor 1, 2 et 3. Ces précisions permettent justement de mesurer l’importance de Noor Ouarzazate, un projet pilote de grande envergure édifié sur une superficie d’environ 3.000 Hectares, et aussi de mettre en exergue l’objectif d’atteindre 52 pc d’énergies de source renouvelable dans le mix énergétique national à l’horizon 2030.


Nul doute que les énergies renouvelables sont un choix particulièrement pertinent et stratégique pour le Maroc en ce sens qu’elles permettent d’accompagner un développement économique accéléré et de renforcer à terme l’indépendance énergétique du Royaume, tout en respectant l’environnement.

Afin de donner corps à cette stratégie soucieuse de préserver la nature, Noor II aura recours, tout comme Noor I d’ailleurs, à la technologie thermo-solaire à capteurs cylindro-paraboliques pour produire 200 mégawatts (MW) avec stockage.

Même démarche pour Noor III qui introduira une nouvelle sous-technologie thermo-solaire, dite CSP Tour, avec une capacité de production brute autour de 150 MW avec stockage également.

En complémentarité avec les centrales Noor 1, 2 et 3 qui utilisent la technologie CSP (Concentrated Solar Power), un procédé qui consiste à capter les rayons solaires pour dégager une énergie réchauffant de l’huile et générer une puissance produisant de l’électricité même après le coucher du soleil, Noor 4 utilise le photovoltaïque, une technique largement répandue dans le monde.


Il s’agit en fait de panneaux solaires qui libèrent des électrons portant de l’énergie.

Il va sans dire qu’une fois ses quatre composantes intégralement mises en exploitation, la centrale solaire de Ouarzazate permettra au Royaume de se positionner en géant régional et grand producteur mondial d’énergie verte.

Comme le soulignent, à juste titre, les spécialistes des questions économiques, Noor Ouarzazate est un projet “visionnaire” qui reflète la politique audacieuse et bien réfléchie du Maroc dans le secteur énergétique.

Par Mohamed NASSIRI