Pérou : le Congrès rejette une demande de destitution du président de la République

Le Congrès péruvien a rejeté, vendredi, une motion demandant la destitution du président, Pedro Pablo Kuczynski, sur fond d’accusations qu’il a dissimulé ses liens avec la compagnie brésilienne de BTP Odebrecht, actuellement au cœur d’un scandale de corruption d’ampleur internationale.

A l’issue d’une séance qui a duré près de 14 heures, la motion de destitution du président Kyczynski a recueilli 79 voix sur les 87 nécessaires à son adoption.

Par ailleurs, 19 parlementaires ont rejeté la motion et 21 autres ce sont abstenus, ce qui permet au président Kuczynski de poursuivre son mandat jusqu’en 2021.

Dans un discours prononcé, jeudi, devant le Congrès, où il répondait d’accusations de corruption, le président péruvien avait appelé les membres du Congrès à rejeter la motion de destitution, car les accusations portées contre lui étaient “faibles, sans certitude, contradictoires et sans fondement”.


“Ce qui est en jeu, n’est pas mon poste mais plutôt la démocratie que le Pérou a eu tant de mal à récupérer, parce que le peuple n’oublie pas et ne pardonne pas (…) Je ne suis pas corrompu et je n’ai pas menti”, avait-t-il lancé à l’égard des parlementaires, en soulignant l’absence de preuves corroborant les accusations portées contre lui par l’opposition, majoritaire au Congrès.

M. Kuczynski avait aussi indiqué qu’il était le propriétaire de la société “Westfield Capital”, spécialisée en services de conseil financier depuis 1992, et que ladite société était gérée par l’homme d’affaires Gerardo Sepulveda à l’époque l’ex banquier il occupait les fonctions de ministre au sein du gouvernement d’Alejandro Toledo (2001-2006).

En vue d’être adoptée, la motion avait besoin du soutien des deux tiers des 130 membres du Congrès (87 voix), sachant que le parti de l’opposition “Force populaire”, conduit par Keiko Fujimori, la fille de l’ex président Alberto Fujimori, dispose de 71 sièges.

Le rejet de la motion de destitution du président Kuczynski tourne la page d’une brève crise politique, qui a éclaté lorsque la compagnie Odebrecht a annoncé qu’elle avait versé plus de 782.000 dollars à “Westfield Capital” contre des services de consulting.