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Pourquoi le Roi annule une fois pour toutes la célébration officielle de son anniversaire !…

Par Hassan Alaoui

D’aucuns, prompts à disséquer les actes et les paroles du Roi, contempteurs et suspicieux encore, feignent de s’étonner ou s’étonnent qu’il annonce solennellement le 2ème jour de Aïd al-Adha , par un communiqué de la Maison royale, l’annulation une fois pour toutes des célébrations officielles de son anniversaire.

Les salons et les chaumières bruissent de l’écho de cette décision , si ce n’est pas au coin du feu, c’est à l’ombre de parasols sur des plages cossues. Il n’est désormais d’autre discussion que cette annonce qui a fait l’effet d’une bombe et semble défrayer la chronique. La presse nationale et internationale en fait ses choux gras, y compris chez l’agence de presse officielle de Chine Xinhua qui s’en fait derechef l’écho. On ne peut pas ne pas mesurer, dans ces conditions, l’intérêt évident que cette décision royale suscite, ni l’impact qu’elle produit chez le peuple marocain.

Elle survient quelques semaines seulement après que le Souverain eût exigé aussi que la célébration du vingtième anniversaire de son intronisation se déroulât dans la sobriété totale,  sans faste ni signe ostentatoire. Un fil conducteur semble motiver en somme les deux décisions prises à quelques semaines d’intervalles, il participe d’une même volonté de réduire à ses dimensions réelles et basiques ce qui relevait jusque-là du fastueux et présomptueux. Cependant, la tentation est grande pour certains de pérorer et pour les rhétoriciens sclérosés de tirer déjà toutes les conclusions hâtives. Les uns veulent y voir comme un coup de malice, les autres, parangon de la vertu , mezza voce, parlent de « coup fourré ».

Dans la communication politique, il y a surtout la symbolique des paroles et des actes qu’il faut toujours privilégier et sonder. Non que le Roi Mohammed VI en éprouve le besoin – après tout , il est Souverain dans son statut comme dans sa liberté – ; mais la double décision prise entre juin et août constituera à vrai dire l’autre transformation de certaines règles de son règne. Le discours du Trône de juillet 2019 demeurera comme un grand moment de notre histoire, une sorte d’apophtegme qui, outre un détricotage  en règle des vingt-dernières années, a confirmé une irréversible évolution du langage et de la parole : le Roi jette son haro sur la langue de bois, exprime sa colère contre l’inertie qui fait office de gouvernance, exige la mise en œuvre réelle du principe « responsabilité-reddition des comptes», demande de nouvelles têtes et du sang neuf, trace la feuille de route de nouveau avec un agenda précis pour la constitution de la Commission chargée de travailler et d’avancer au plus vite sur le « nouveau modèle de développement » lancé il y a déjà deux ans, il pointe du doigt les méfaits et , pour un peu, cédant à l’exaspération il serait tenté de dire « foutaise que tout ça !… ».

En annulant les célébrations du 21 août, date de son anniversaire instituée jusque là comme Fête de la Jeunesse, le Roi a , vraisemblablement, voulu dédier à la Jeunesse cette date, estimant que cette dernière doit en avoir et le privilège et le mérite. Il brise pour ainsi dire volontairement et de son propre gré une certaine confusion, mais surtout fait grâce aux millions de jeunes marocains qu’il entoure de sa sollicitude et qui est à son règne, ce que l’ambition personnelle d’un père est à ses enfants.

Le communiqué de la Maison Royale met en évidence la volonté d’annuler toute cérémonie officielle liée à l’anniversaire du Roi, autrement dit, il est libre et en droit en revanche de le célébrer à titre personnel, familial et privé , comme tout citoyen. Il coupe court de ce fait à toute mauvaise et vaine critique que les démagogues populistes ont tendance à proférer. On pourrait se hasarder à toutes les hypothèses possibles pour comprendre le choix royal , pour autant une évidence est là, elle nous saute aux yeux : le souci de l’économie de dépenses semble primer dans les deux décisions prises pour ce qui est de la Fête du Trône et du 56ème anniversaire du Souverain. C’est un signe plus qu’annonciateur d’une nouvelle règle voire d’une éthique en germe.  C’est aussi l’affirmation selon nous du primat accordé à la Jeunesse à laquelle, on ne le dira jamais assez, il dédie à coup sûr cette journée, qui bénéficiera désormais pleinement de sa fête chaque 21 août, intimement et profondément enracinée dans le cœur de son Roi.

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