Près de 7000 Rohingyas tués dans des actes de violence en Birmanie

Au moins 6700 Rohingyas ont été tués dans des actes de violence dans l’Etat Rakhine en Birmanie entre le 25 août et le 24 septembre derniers, a révélé jeudi le bureau de New York de l’organisation humanitaire Médecins sans frontières (MSF). 

Un total de 9000 membres de cette minorité musulmane ont trouvé la mort, dont au moins 71,7 pc, soit 6700 individus, dans des actes de violence les ayant ciblé, selon “les estimations les plus conservatrices”, indique un rapport de l’organisation basé sur des enquêtes menées auprès des Rohingyas déplacés au Bangladesh.

“Au moins 730 enfants de moins de cinq ans” ont également péri dans ces “opérations d’épuration” menées par “l’armée, la police et les milices birmanes” dans l’Etat Rakhine, fief des Rohingyas.

Plusieurs hauts responsables des Nations unies, dont le Secrétaire général Antonio Guterres, avaient à plusieurs reprises averti d’une “épuration ethnique” que les Rohingyas subissaient aux mains des autorités birmanes.


Mardi dernier, le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, Jeffrey Feltman, a appelé devant le Conseil de sécurité de l’Onu à mettre fin au “cercle vicieux” de la violence et des exactions contre les Rohingyas.

La Représentante spéciale du Secrétaire général chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit, Pramila Patten, a brossé un tableau des plus sombres sur les viols et autres abus sexuels infligés aux femmes et filles rohingyas par des militaires et policiers birmans.

L’ambassadrice américaine à l’Onu, Nikki Haley a fait état de scènes horribles où des femmes et des fillettes rohingyas ont été “attachées à un rocher ou un arbre et violées jusqu’à la mort”. 

D’après MSF, ces violences ont poussé quelque 647 milles Rohingyas a fuir vers le Bangladesh, où ils vivent dans des camps “surpeuplés et insalubres”.


“Ce que nous avons découvert était stupéfiant, à la fois en termes du nombre de personnes qui ont déclaré qu’un membre de la famille est décédé des suites de la violence, et des manières horribles dont ils ont dit que ces personnes ont été tuées ou gravement blessés”, lit-on dans le rapport.

MSF prévient que ses chiffres pourraient être “une sous-estimation”, étant donné que l’organisation n’a pas enquêté dans tous les camps deréfugiés rohingyas, et “parce que les enquêtes ne tiennent pas compte des familles qui ne sont jamais sorties de la Birmanie”.