Primaire démocrate américaine: L’alliance Warren/Sanders se fissure

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Les candidats à la primaire du parti démocrate américain, Elizabeth Warren et Bernie Sanders ont étalé au grand jour leurs différends mardi soir à Des Moines, en Iowa, à l’occasion du dernier débat télévisé avant le début des votes le 3 février dans ce même Etat du Midwest.

Après avoir soigneusement évité de s’attaquer tout au long de la campagne électorale, le pacte de non agression entre les deux sénateurs a volé en éclat ces derniers jours, les deux prétendants s’attaquant mutuellement par campagnes interposées.

Au cœur de la discorde, une réunion tenue en 2018 entre Mme Warren et M. Sanders au cours de laquelle ce dernier aurait affirmé à la sénatrice du Massachusetts, qui envisageait à l’époque de se lancer dans la course pour l’investiture du parti démocrate, qu’une femme serait incapable de l’emporter face à Donald Trump.

Cette révélation a exacerbé les tensions entre les deux sénateurs, notamment après que Mme Warren eut accusé son rival d’encourager explicitement ses volontaires à dénigrer la sénatrice auprès des électeurs de l’Iowa.


Mardi soir, le sénateur du Vermont a qualifié de “ridicule” l’idée qu’il puisse affirmer qu’une femme serait incapable de battre Donald Trump lors des élections générales, niant avoir tenu les propos dont il est accusé.

“Une femme peut-elle battre Donald Trump? Regardez les hommes sur cette scène”, a rétorqué Mme Warren.

“Collectivement, ils ont perdu 10 élections. Les seules personnes sur cette scène qui ont remporté toutes les élections où elles ont participé sont les femmes: Amy et moi”, a-t-elle déclaré, faisant référence à la seule autre femme qualifiée pour le débat, la sénatrice Amy Klobuchar.


Si l’échange entre les deux sénateurs qui se disputent l’électorat libéral est resté cordial, la tension était toutefois palpable à la fin du débat, lorsque Mme Warren a refusé de serrer la main de son adversaire.

La politique étrangère a également été l’un des sujets phares du débat, sur fonds de tensions entre les Etats-Unis et l’Iran.

Saisissant cette occasion, Bernie Sanders a une nouvelle critiqué le vote de l’ancien vice-président Joe Biden en faveur de la guerre d’Irak en 2002.


“Joe et moi avons écouté ce que Dick Cheney et George Bush et [Donald] Rumsfeld avaient à dire”, a déclaré Sanders, parlant du débat après les attentats du 11 septembre 2001 pour donner au président Bush le feu vert du Congrès pour mener des frappes à l’étranger. “Je pensais qu’ils mentaient. Je ne les ai pas crus un instant. J’ai pris la parole. J’ai fait tout mon possible pour empêcher cette guerre. Joe a vu les choses différemment”, a-t-il rappelé.

M. Biden, tout en se concentrant sur le travail qu’il a fait sous l’administration Obama pour mettre fin à l’engagement militaire américain en Irak, n’a pas défendu le vote.

“C’était une erreur de croire qu’ils n’allaient pas faire la guerre”, a-t-il répondu à propos des assurances de l’administration Bush en 2002. “Ils ont dit qu’ils n’allaient pas faire la guerre.”


Les candidats ont convenu de la nécessité de réduire la présence militaire des États-Unis en Irak et en Afghanistan, bien qu’ils diffèrent légèrement sur les détails d’un éventuel retrait.

“Personne n’a de solution ni de jugement final. Nous devons retirer nos troupes de combat maintenant”, a soutenu Mme Warren.

M. Biden et les autres concurrents, ont tenu, à cet égard, un discours plus nuancé, faisant valoir que des forces d’opérations spéciales devraient rester dans la région pour se prévenir une résurgence du groupe “État islamique” et pour protéger les intérêts américains.


A moins de 20 jours du caucus de l’Iowa, premier à voter pour ces primaires démocrates, quatre candidats sont pratiquement à égalité dans les sondages, sachant qu’ils doivent obtenir un minimum de 15% des votes pour décrocher une partie du collège électoral en jeu dans cet Etat.