Prise en charge, taux de positivité, taux de mortalité… Voici le bilan du CHU Ibn Rochd

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Prenant la parole lors d’un webinaire organisé hier, dimanche 25 octobre, par la Société Marocaine des Sciences Médicales (SMSM), au sujet de la riposte face à la situation épidémiologique que connaît la région Casablanca-Settat, Moulay Hicham Afif, le directeur général du CHU de Casablanca, a dressé un bilan détaillé de la situation épidémiologique de CHU Ibn Rochd.  

Protéger le système de Santé afin de permettre la prise en charge des patients covid et d’autres pathologies et réduire la mortalité causée par la covid-19, qui passe par la réduction du nombre de patients susceptibles d’arriver à la réanimation, voici les grands défis de CHU Ibn Rochd de Casablanca pour la prochaine phase. Celle-ci s’annonce assez dure avec l’arrivée de la saison grippale.

Lors de son intervention, Moulay Hicham Afif, professeur universitaire et également président de la Société marocaine des maladies respiratoires a présenté des éléments concrets par rapport à l’évolution de la situation épidémiologique, depuis l’arrivée du premier patient covid, le 5 mars, notamment concernant la prise en charge, le taux de positivité, le taux de mortalité, etc. Une chose est sure, les indicateurs ne sont pas très rassurants et les chiffres n’augurent rien de bon.

On n’est pas sans savoir que le CHU Ibn Rochd est le seul point de référence pour les soins de santé tertiaire pour des millions d’habitants au niveau de la région Casablanca-Settat, c’est ce que rappelle le directeur de cet hôpital, d’où l’importance d’assurer la riposte anti-covid et la prise en charge des autres pathologies.


En somme, cet établissement a admis 821 cas positifs depuis le début de la pandémie, dont 190 patients rien que pour ce mois d’octobre, alors que du mois de mars au mois de juillet, le CHU avait totalisé 161 admissions. « La courbe est en augmentation depuis l’avènement de la 3e phase du déconfinement le 10 juillet », selon les explications de ce membre du comité scientifique et technique relevant du ministère de la Santé, Moulay Hicham Afif. Par ailleurs, le basculement de plusieurs structures vers la prise en charge exclusive de covid a fait que le CHU connaît une pression supplémentaire sur l’ensemble de ses services qui travaillent de manière normale pour les non-covid, notamment au niveau de la réanimation, qui a atteint 70 lits de réanimation et de soins intensifs pour la covid et 65 lits pour les non-covid.

Quant à la mortalité liée à la covid, 45 personnes ont perdu la vie pendant ce mois, soit 25% patients admis en réanimation dans les heures qui suivent l’arrivée des patients au niveau des urgences du CHU de Casablanca. Chose que ce médecin explique par un retard au niveau de la prise en charge qui serait derrière 40% de mortalité, en plus du déficit immunitaire et l’âge des patients, tout en appelant à faire davantage preuve de vigilance, à limiter les contacts au maximum.

En revanche, pour réduire le nombre de décès, ce médecin estime qu’il faut réduire le nombre total des malades covid, chose qui passe forcément par la réduction de la mobilité et le respect des mesures barrières, ainsi que la prise en charge précoce des patients covid, essentiellement les plus vulnérables, qui risquent le plus souvent d’arriver à la réanimation.

Autre point évoqué, lors de cette présentation, docteur Afif a indiqué que le Taux de positivité a atteint 32,6% pendant ce mois d’octobre alors qu’il était à 21% le mois dernier. Pour lui, « c’est une preuve d’une circulation importante du virus dans la ville de Casablanca ».


Enfin, pour conclure son intervention, le directeur du CHU Ibn Rochd a rappelé que la région traverse une période de transmission communautaire et qu’on est à la veille de la saison hivernale avec toutes ses viroses respiratoires, tout en appelant les Casablancais à faire des efforts supplémentaires tout en réduisant la mobilité en particulier dans le milieu familial et respecter les mesures barrières ainsi que le port du masque.