Production de la Dacia Sandero : Une bonne nouvelle pour la main d’œuvre marocaine

Le groupe Renault délocalise la production de « la troisième génération » de la nouvelle Sandero au Maroc, sur les sites de Tanger et de la Somaca. Ainsi, l’usine Dacia de Mioveni en Roumanie, produira uniquement « les modèles à forte valeur ajoutée » à savoir la Sandero Stepway et la Logan, modèle le plus vendu en Roumanie indique le site Romania-insider. Qu’est-ce que cela implique concrètement ?

Le modèle Sandero sera produit entièrement au Maroc explique Youssef Guerraoui Filali, économiste et Directeur du Centre Marocain pour la Gouvernance et le Management. « Les pièces et la technologie seront importées, mais tout le processus de fabrication, que ce soit la phase de montage, des tests… se fera au Maroc ». Une aubaine pour le pays puisque cette délocalisation permettra notamment d’employer la main d’œuvre marocaine, à savoir « les jeunes ouvriers, les cadres de maîtrise, les ingénieurs. Cela permettra de diminuer le taux de chômage », se réjouit la même source.

Une nouvelle qui enchante également Adil Rais, président de la CGEM pour la région de Tanger-Tétouan-AlHoceima, selon qui « cette délocalisation donnera un peu plus de volume au site de Tanger et permettra aux équipementiers d’avoir plus de commandes ». Si cette production devait être affectée ailleurs, « nous perdrions le véhicule, le chiffre lié au véhicule, mais aussi celui des équipementiers et la main d’œuvre », explique-t-il.

Pour Adil Bennani, président de l’Association des Importateurs de Véhicules Automobiles Montés (AIVAM), le constructeur essaie de satisfaire la demande qui lui est adressée en l’affectant dans les différentes plateformes. « Il se trouve que dans des situations où il y a des optimisations et des redéfinitions de territoires à faire ainsi que des évolutions de demande, on fait de la production planning, c’est à dire est-ce qu’on continue à produire ici ? on monte en charge ? » Cela se fait sur la base de critères purement financiers, logistiques et organisationnels explique-t-il. D’où cette décision de produire tel ou tel modèle au Maroc ou en Roumanie. « Il s’agit d’un process normal de répartir la production sur différents sites et cela peut bouger d’une année à l’autre, il n’y a rien d’exceptionnel en cela, c’est de l’ajustement naturel ».

Un modèle viable ?
Si cette délocalisation est une bonne nouvelle pour le Maroc, qu’en sera-t-il si Renault décide de délocaliser de nouveau dans un pays encore plus avantageux ? Cela ne pose pas de problème selon Guerraoui, puisque cette délocalisation permet dans un premier temps au Maroc de s’approprier les métiers et de développer l’expertise de production dans le domaine du transport. « Le Maroc pourra maîtriser tout le processus pour fabriquer les véhicules, de l’étude en passant par l’architecture jusqu’au montage, les tests et même l’électronisation. C’est extrêmement important, car les Marocains pourront maitriser les « cyber physical system », des montages de véhicule à distance à travers des objets interconnectés en utilisant l’industrie 4.0. » Ainsi, même si une nouvelle délocalisation s’opère, le Maroc pourra à l’avenir fabriquer un véhicule 100% marocain grâce à l’expertise acquise, explique-t-il. Par ailleurs, en ce qui concerne la richesse, elle est certes exportée et ne fait pas partie de la richesse nationale, mais elle permettra la création de joint-ventures et de filiales qui auront une valeur ajoutée sur le plan national ajoute-t-il.


Bien entendu, cette délocalisation s’est accompagnée d’avantages considérables pour le groupe Dacia, parmi lesquels des avantages fiscaux, des abattements, des exonérations pour la TVA, l’IR ou encore l’IS suite à l’implantation complète sur des zones offshore au niveau du territoire marocain. D’autant plus que le Maroc est l’un des pays les plus compétitifs de la région MENA.