Propos misogynes : suspension de l’émission de Chada TV 

Par Khadija Skalli

Le Conseil supérieur de la communication audiovisuelle a décidé de suspendre la diffusion de l’émission « Kotbi Tonight » de Chada TV pour une durée de trois semaines.

Le verdict, tant attendu, du Conseil supérieur de la communication audiovisuelle concernant les propos misogynes tenus par le chanteur chaabi Adil Miloudi sur « Kotbi Tonight » de Chada TV, vient de tomber. Cette instance a décidé de suspendre la diffusion de cette émission pour une durée de trois semaines. Le Conseil Supérieur a également ordonné à l’opérateur de diffuser et de donner lecture sur son antenne du communiqué relatif à la sanction, à l’heure habituelle de diffusion de ladite émission.

Le Conseil supérieur a relevé « un ensemble de manquements aux dispositions légales et réglementaires applicables à la communication audiovisuelle, en particulier celles relatives à la lutte contre la violence à l’égard de la femme, à l’obligation de maîtrise d’antenne et à la responsabilité éditoriale de l’opérateur ».

Cette instance considère que « les propos tenus par l’invité de l’émission, le chanteur Adil Miloudi, constituent une apologie de la violence à l’égard de la femme » et « une incitation expresse à cette violence, présentée de manière positive comme un attribut de la virilité et une manifestation de l’affection, voire même un comportement recommandable pour la consolidation des liens conjugaux ».

« Ces propos portent également atteinte à la dignité de la femme, la déshumanisent et en font un « objet de propriété » et un être soumis que l’homme peut traiter à sa guise », précise le CSCA.


Le Conseil Supérieur fustige l’animateur de l’émission. « Face au discours explicitement violent de l’invité, l’animateur de l’émission n’a pas réagi de manière ferme et résolue ; il a adopté, au contraire, un ton badin et plaisantin et laissé toute latitude à l’invité de répéter ses assertions appelant à la violence à l’égard des femmes », reproche le Conseil supérieur. Ce qui représente, poursuit-il, « un manquement à l’obligation de maîtrise d’antenne qui est l’un des principaux éléments constitutifs de la responsabilité éditoriale de l’opérateur ».