Propos racistes sur LCI, le nouveau cheval de bataille du club des avocats au Maroc

Les propos haineux et racistes prononcés, hier, sur la chaîne française LCI par deux professionnels ne cessent de défrayer la chronique. Au Maroc, le Club des avocats en fait son cheval de bataille et décide de porter plainte pour “diffamation raciale” auprès du Procureur de la République Française.

Dans une séquence diffusée sur la chaîne LCI, Jean-Paul Mira, chef du service de réanimation à l’hôpital Cochin de Paris, et Camille Locht, directeur de recherche à l’Inserm ont assimilé les Africains à des cobayes, à des rats de laboratoires, et ont suggéré que des vaccins soient expérimentés sur eux, parce qu’ « ils ne se protègent pas »… Pis encore, l’un des deux a rajouté « nous avons fait la même chose sur les prostituées par rapport au VIH… ».

Ces propos “abjects, haineux et racistes” n’ont pas laissé les avocats marocains indifférents, à l’instar de nombreux internautes et associations antiracisme. Le club des avocats au Maroc décide ainsi de recourir au tribunal et de porter plainte pour diffamation raciale auprès du Procureur de la République.

Cette plainte sera déposée par Me Mourad Elajouti et Me Saïd Maâch, avocats au Barreau de Casablanca, dans le cadre de la convention franco-marocaine d’entraide judiciaire, signée le 5 octobre 1957, qui autorise les avocats inscrits au barreau marocain à assister ou représenter les parties devant toutes les juridictions françaises, et à titre de réciprocité, les avocats français peuvent en faire autant.


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Dans une déclaration à MAROC DIPLOMATIQUE, Me Mourad Elajouti a affirmé que « le geste qui serait le plus civique et logique est celui de porter plainte auprès de la justice française ».

Au niveau juridique, ces avocats comptent déposer leur plainte à travers « la constitution de parties civiles devant le doyen du juge d’instruction » ou bien « l’activation de la procédure de la citation directe devant le tribunal correctionnel ».

Dans le même registre, Me Elajouti explique que leur démarche sera basée sur « des infractions citées par la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse et notamment l’article 32 et 33 relatif à la discrimination raciale et à l’injure raciale ».


Notons que le club d’avocats au Maroc est une association professionnelle qui regroupe plus de 400 avocats. Ces derniers condamnent ce discours de discrimination, de racisme et de haine.