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Quand Boukadoum se fait le « copiste » falsificateur des paroles de Blinken

Par Hassan Alaoui

Les entretiens que le Secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken a eus successivement jeudi avec Sabri Boukadoum, ministre algérien des Affaires étrangères et vendredi avec Nasser, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération du Royaume du Maroc continuent d’alimenter un certain nombre de discussions. Ils nous interpellent à coup sûr. Que se sont-ils, ces hauts responsables, dit réellement et quelle a été la teneur de leurs échanges ?

Les observateurs qui suivent habituellement la politique américaine au Maghreb ont , bien entendu, prêté l’écoute la plus attentive à ces « rencontres virtuelles », sans pour autant appréhender la profonde réalité des échanges. Sauf que le ministre des Affaires étrangères d’Algérie, prenant ses rêves pour de la réalité, s’est précipité à l’issue de sa rencontre avec le diplomate américain pour nous livrer via Twitter sa version, déformée apparemment : il a tout simplement annoncé avoir abordé entre autres sujets, comme les relations bilatérales, la Libye, le dossier… du Sahara… Ce à quoi, une fois son tweet publié, Antony Blinken s’est empressé de répondre posément que jamais le dossier du Sahara n’a fait l’objet d’un échange ou figuré dans l’agenda du dialogue, mais qu’il s’agissait du …Sahel !

Tenez-vous bien du Sahel ! Comme dit un proverbe bien de chez nous, Antony Blinken a « cureté » les oreilles du diplomate algérien en rectifiant l’information, autrement dit en dénonçant l’instrumentalisation par ce dernier d’une vérité rédhibitoire. Là aussi, c’est une leçon américaine au régime algérien, dont on connaît – pour le vivre depuis quarante-cinq ans – la propension au mensonge et aux fake-news. Donc du Sahara, il n’a jamais été question dans l’échange entre Blinken et Boukadoum. En revanche, vendredi 30 avril, l’échange du même responsable américain avec Nasser Bourita a été, c’est le moins que l’on puisse dire, conséquent et riche. Le patron du Département d’Etat , comme on l’a déjà dit, a mis en exergue la qualité des relations entre les Etats-Unis et le Royaume du Maroc qui ont plus de deux siècles et demi d’existence, l’amitié entre le Roi Mohammed VI et le président Jo Biden, la coopération bilatérale, politique, économique, militaire et sécuritaire.

Il convient d’ajouter que le Royaume du Maroc a toujours été considéré comme « l’Allié » des Etats-Unis, car il avait été l’un des tout premiers pays à reconnaitre la jeune République américaine créée en 1777 par les Treize colonies, la présence des soldats marocains pendant le Deuxième guerre et au lendemain de celle-ci, l’approfondissement d’une relation multiforme entre les deux pays. Sur fond de cette réalité géopolitique et, comme dit le communiqué du ministère des Affaires étrangères, un « partage des mêmes valeurs », les Etats-Unis ne modifieront nullement leur position à l’égard du Maroc, lors même que quelques lobbies, relayés par des James Baker, des Christopher Ross , des Robert Bolton et autres Kerry Kennedy exerceraient de fortes pressions pour renverser la vapeur.

Dans l’affaire du Sahara, la décision prise le 10 décembre par l’ancien président Donald Trump de reconnaître la marocanité de ce territoire, aura constitué une date clé, un tournant majeur. Son successeur, qui a d’autres chats à fouetter, n’y est pas revenu – comme l’eût désespérément souhaité le pouvoir algérien. Le gouvernement américain mesure chaque jour l’importance d’une solution au sujet de ce différend, certes, mais il ne la perçoit pas autrement que sous l’angle d’un accord politique. Autrement dit, sur la base des Résolutions pertinentes adoptées par le Conseil de sécurité et l’ONU depuis avril 2007 – soit 17 en tout – et qui recommandent depuis cette date, avec la même vigueur et fermeté, « réalisme, compromis et engagement des parties ».

La publication par le chef de la diplomatie algérienne d’un tweet déformant le contenu de son entretien avec Antony Blinken nous en dit, en effet, long sur la dimension mensongère dans cette affaire. Comme aussi de l’irascible volonté du pouvoir algérien de ramener le dossier du Sahara – en le déformant – dans toutes les « sauces », relayée par une presse qui, à défaut d’être professionnelle et objective , fait du mensonge son vade mecum…et sa religion.

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