Quand un autre dirigeant du Mouvement des Moujahidine du Maroc se confesse, dénonce Ali al-Aarrass et met en garde les jeunes…

Quelques semaines après les confessions sur des réseaux sociaux de Abderrazak Soumah, ancien membre et combattant du groupe dit « Mouvement des Moujahidines du Maroc » , démantelé en 2012 , voici celles d’un autre dirigeant du même mouvement qui a tenu à proclamer son repentir et témoigner de son engagement lors de cette période, autrement dit la première décennie du nouveau siècle. Comme son collègue et ami de quartier Abderrazak Soumah, il était en contact avec le terroriste Ali al-Aârras , fournisseur d’armes, et pousse-au-crime, idéologue de petite envergure .

Lui s’appelle Mohamed Benchouchen, né en 1955, engagé dans le « combat » après avoir rejoint le mouvement des Moujahidines à Paris en 1981. Avec Soumah et d’autres membres de cette nébuleuse clandestine, ils avaient rejoint le Liban qui constituait à leurs yeux la terre de prédilection, là où sévissaient les services syriens, le Hezbollah et autres « révolutionnaires »…Dans ce pays, ils étaient pris en charge pour apprendre le maniement des armes et des explosifs, encadrés par les islamistes radicaux.

Bouchouche, Soumah et autres membres du groupe s’étaient rendus plusieurs fois au Liban, ils en revenaient à chaque fois « gonflés » de propagande anti-système et chauffés à blanc contre leur propre pays. Au Liban ils maniaient les armes et s’exerçaient à la lutte armée et à la guérilla. Rentrés clandestinement au Maroc, ils se retrouvaient ensuite dans la forêt de Tafoughalt, à quelques kilomètres de la ville d’Oujda pour suivre leur entraînement.

Leur mot d’ordre, comme le confesse Mohamed Benchouchen : le renversement du régime. Ce dernier raconte son tout premier contact avec Ali al’Aarrass qu’il a invité à déjeuner chez lui à Salé en 2004. Celui-ci comme à son habitude, outre les « conseils » lui a proposé des armes. Chose qu’il proposera encore par la suite…


L’année 2012 est celle de l’arrestation et de l’emprisonnement des membres de ce groupe, dont celui de Mohamed Benchouchen au même titre que Soumah. La détention dans des conditions de dignité et de respect – comme ils le diront eux-mêmes – les a poussé à un examen de conscience et à une révision déchirante de leur passé et de leur comportement.

« On était pendant 30 ans contre l’ordre, le système, le régime, déclare Soumah, mais comment un groupuscule peut-il se soulever contre un Etat de 1200 ans ?… ». On s’est trompé, ajoute-t-il, heureusement que la Nation admet la faute et nous permet de nous repentir, elle nous pardonne. Ils dénoncent violemment Ali al-Aarras « Nous lançons un appel aux jeunes et à tous ceux qui sont approchés pour servir d’obscurs desseins et être instrumentalisés », « Ali al-Arrass nous a eus , il a eu raison de notre ignorance… ». Voici aussi la vidéo diffusée sur les réseaux sociaux par Mohamed Benchouchen.

Voici un témoignage particulier sur une époque exceptionnelle. Il est prononcé et publié par vidéo sur le site de Hespress par celui qui s’appelait « Amir Harakat al-Moujahidine ». Son nom ? Abderrazak Soumah, membre de la Jemâa salafiste qui, on se rappelle, avait défrayé la chronique dans la toute première décennie du nouveau siècle.

Quatrième dirigeant de cette mouvance, il avait joué un rôle central dans les préparatifs d’attentats et d’actions contre l’Etat, les institutions voire même les populations civiles innocentes. Arrêté avec ses compagnons en 2012, emprisonné et libéré plus tard, il s’est repenti. Toutefois, il garde encore dans son esprit l’atmosphère de cette sinistre époque, marquée entre autres par les criminels attentats de Casablanca en 2004 ayant fait 43 morts.


Abderraezak Soumah a décidé de témoigner et de livrer l’intimité de ses relations avec cet autre terroriste, Ali Aaarras dont le nom défraye la chronique, chargé quant à lui à cette époque de procurer aux « jihadistes » armes et argent. Arrêté en 2010 en possession d’armes qu’il faisait rentrer par Tanger notamment , ses amis dont Soumah arrêtés à leur tour en 2012 à Tiflet.

Ali AArras, ancien militaire en Belgique, rifain qui parlait aussi français et arabe, s’était converti au terrorisme. Il se procurait de l’argent auprès d’un certain Abdelaziz Nâamani, commerçant et mécène des terroristes. Entre 2003 et 2011, Ali Aarras traversait la frontière régulièrement de Belgique, de France et parvenait au Maroc avec armes et bagages, des sommes d’argent qu’il remettait au groupe jihadiste de Soumah. Il était radicalisé et n’avait pas d’état d’âme, poussant les membres du groupe à commettre l’irréparable.

Soumah, dans sa confession, dément catégoriquement les allégations de tortures que Ali Aaarras publie, notamment à travers une vidéo et des traces fabriquées. Il rappelle que les salafistes ont l’habitude de recourir aux produits du ghassoul et du héné pour marquer leur corps et faire croire à des violences subies et infligées par les autorités pénitentiaires. Mieux : Soumah souligne que les détenus, partout où ils se sont trouvés, ont subi un traitement des plus corrects et respectueux.

Le scénario de tortures de Ali Aaarras , qui se présente comme un prisonnier politique alors qu’il est un terroriste, est ni plus ni moins qu’un mensonge et une diversion. Abderrazak Soumah se repentit, mais il le fait dignement, en présentant ses excuses, humblement, remerciant le Tout Puissant de les avoir remis sur le chemin de la raison, évitant les violences et le sang au pays et au peuple marocain. L’objet de la vidéo que nous publions tient à trois points : comment Ali Aaarras organisait , finançait et téléguidait les attentats criminels contre le Maroc ; comment il bénéficiait d’un important circuit financier en Europe et en Belgique en particulier ; enfin comment il a maquillé ses prétendues tortures.


Consultez la vidéo ci-dessous en ouvrant ce lien .

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