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Quel élan donner au nouveau gouvernement?

Nous sommes à la mi-mandat du gouvernement investi fin avril 2017 et au lendemain du remaniement où le chef de gouvernement a renouvelé son équipe, en réduisant le nombre du staff qui est désormais de 23 ministres au lieu de 39.

En cela, Saâdeddine El Othmani peut se targuer de son « coup de maître » d’avoir formé l’Exécutif le plus resserré depuis 1979. Bien évidemment, une équipe perdante, il faut bien la changer. Or à moins de deux ans avant la date des prochaines élections législatives, les nouveaux ministres ont besoin d’une baguette magique pour pouvoir s’attaquer à des dossiers de grande urgence et s’acquitter de leurs missions à moins qu’ils ne veuillent aller plus vite que la musique.

Rien que pour asseoir ses bases, ses équipes, sa stratégie et son plan d’action, un ministre a besoin d’au moins six mois pour le faire, nécessité faisant loi. J’en veux pour preuve que l’agenda ne joue donc pas en faveur des nouveaux entrants qui auront certainement à endosser la responsabilité de projets initiés et non finalisés par leurs prédécesseurs. Autre hic : des portefeuilles fusionnés, de grands pôles ministériels, créés pour chapeauter plusieurs secrétariats et des prérogatives intégrées à des ministères en plein exercice qui sont encore en train de se chercher et de se constituer. Tout cela se jouera au détriment des citoyens dont le sort se fait et se défait à leur insu et selon les humeurs ou plutôt les intérêts de certains. Ceci étant, la mauvaise gouvernance aggrave bien les choses. La gestion des affaires de l’Etat n’est pas toujours entre les mains de responsables consciencieux, en dehors des clous, des partis politiques qui volent en éclats ou du moins s’effritent quand ils n’en arrivent pas aux mains, des commissions créées et dont on ne connaît plus les missions ni le sort, d’où la crise de confiance qui creuse une excavation entre les citoyens et les politiques.

Le changement ne peut se limiter à de nouvelles têtes dans l’Exécutif bien qu’elles aient toutes les bonnes intentions du monde. Le changement doit commencer par le « Marocain » lui-même qui est en galère de modèle. L’éducation, la parité et la culture sont indispensables et tant qu’on ne prend pas à bras le corps la défaillance de l’école publique et notre système éducatif, les choses iront à vau-l’eau et les dommages collatéraux seront à collectionner. Parvenir à la satisfaction des attentes pressantes des Marocains pour une justice sociale et territoriale  afin d’achever l’édification d’un Maroc porteur d’espoir et d’égalité pour tous est un défi majeur pour les temps à venir.

Lors d’un discours commémorant la Marche verte le 6 novembre 1993, feu Hassan II affirmait : « En me rappelant la Marche verte, j’aurais aimé, cher peuple, t’apporter la nouvelle d’une autre marche. Une marche politique » c’est ce dont on a aujourd’hui besoin pour sauver le pays. Notre pays a besoin, aujourd’hui, plus que jamais, de vrais patriotes qui connaissent leur partie et  qui sont en prise directe pour défendre les intérêts de leur pays, et engagés à assumer avec abnégation et désintérêt les responsabilités qui leur incombent.

D’ici là, une question se fait pressante : Quelle sera alors la situation en 2020? Seul l’avenir nous le dira.

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