« Rabat, un printemps confiné » de Monceyf Fadili ou le sublime et sondeur voyage d’une ville magique

Monceyf Fadili

Hassan Alaoui

Géographe, urbaniste et expert international en planification urbaine et développement territorial, Monceyf Fadili vient de publier un ouvrage de quelque 180 pages intitulé : « Rabat un printemps confiné ».

D’emblée, il nous prévient que « cet ouvrage a été édité avec le concours de Cités et Gouvernements Locaux Unis d’Afrique ». C’est dire à la fois le souci d’honnêteté de l’auteur et, en filigrane, l’intérêt évident que l’ouvrage a suscité auprès de l’institution parafricaine en question. Et, ce qui ne gâte rien de surcroît, c’est la préface gracieuse dont nous gratifie Jean-Pierre Elong Mbassi, président du CGLUA qui se déclare « Rbati d’adoption » tant il chérit cette ville et lui témoigne sa pleine affection.

« Rabat, un printemps confiné » n’a de toute évidence aucune autre ambition que celle de nous proposer un voyage, celui d’un observateur au long cours, nous conduisant d’un pas assuré, mais aussi de l’explorateur ethnographique des coins et recoins de la ville impériale dont le seul nom évoque la magie, l’histoire millénaire, les symboles, les hommes et femmes qui l’ont faite et continuent de peaufiner son visage.

La langue sobre et précieuse, Monceyf Fadili eût pu commencer son récit par une comparaison de la fameuse phrase de Claude Lévi-Strauss , introduisant son monumental livre, « Tristes Tropiques » par cette phrase : « Je hais les voyages et les explorateurs ». Sondeur et explorateur rafraîchi , Monceyf Fadili a revisité l’histoire et la mémoire de la capitale, avec cet art consommé de l’artiste, non content de nous engouffrer dans les sentiers, certains connus et familiers pour certains, mais décrits en revanche avec une poétique inédite, d’autres dévoilés à peine qui nous interpellent.


Il soulève le voile de pudeur de la ville, demeurée discrète, enfermée dans son charme, cité convoitée et cosmopolite tout en gardant son cachet de ville engoncée sur elle-même dans son statut de rempart de la culture et de civilisation. Tout ce qui constituent la belle complexité de la ville, géographique, architecturale, esthétique, économique, institutionnelle, humaine se trouve condensé dans cette merveilleuse fresque avec une langue qui ne sacrifie nullement à l’artifice, mais se décline comme « la prose du monde »…. C’est l’hommage vertical à une ville que nous découvrons, patrimoine de l’Humanité, capitale de la Culture, brassage ethnographique, cité smart, capitale du monde.