Rapatriement : Les Marocains bloqués à l’étranger se mobilisent pour faire entendre leur voix

Ils s’identifient comme étant « les oubliés du Maroc » et disent qu’« ils sont fatigués et ne peuvent plus de cette situation ». Ce sont les cris de détresse de nos concitoyens bloqués aux quatre coins du monde, depuis plus de 45 jours.

Dans une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, les Marocains bloqués à l’étranger expriment leur mécontentement et désarroi quant à la situation dans laquelle ils se sont retrouvés, depuis que le Royaume a annoncé la suspension des vols internationaux, à l’instar de nombreux pays dans le monde.

Pères de familles, mamans, femmes enceintes, personnes âgées, jeunes… Ils sont plus de 27821, selon les derniers chiffres, qui sont bloqués dans les pays hôtes, dont 5 704 pris en charge pour le logement, la nourriture ou les frais de santé. Ces derniers se disent prêts à coopérer avec les autorités marocaines et à prendre toutes les mesures nécessaires, notamment, la mise en quarantaine.

« Le Maroc nous a oubliés, mais nous ne l’oublierons pas », ce sont les mots des deux premiers Marocains apparaissant dans la vidéo.

Bloquée en France, une maman, portant son nourrisson, se dit prête à être confinée et à prendre toutes les mesures préventives qu’il faut, tant qu’elle rentre dans son pays. « On est fatigués moralement et physiquement, cette situation ne peut plus durer, il faut qu’on rentre chez nous », lance-t-elle sur un ton désespéré, en précisant que c’est « inadmissible ».


Parmi les témoignages recueillis dans cette séquence, celui d’un homme âgé, en Belgique, affirmant qu’il ne peut plus supporter cette situation et qu’il est « malade et à bout ».

« N’oubliez pas que nous n’avons pas vu nos enfants depuis des mois », indique un Marocain, bloqué à Bamako, rajoutant que « malgré le fait que les autorités ont pallié la question de notre hébergement, notre vie et notre santé restent en danger ».

Face à l’incertitude et le flou qui caractérisent leur dossier, une jeune Marocaine en France, réclame, à son tour, « une date de retour ».

« Imaginez si vos enfants sont bloqués et ont besoin de vous », répète cette jeune étudiante bloquée en Ukraine, la voix émue, s’adressant aux responsables marocains.


Sur la toile, les appels à des sit-ins, ce 11 mai, devant les ambassades et consulats du Maroc à travers le monde, se sont multipliés. «Nous tenons l’Etat pour responsable de la situation inhumaine dans laquelle se trouvent les bloqués», accusent-ils, dans un communiqué rendu public, le 6 mai.

Au niveau du Parlement, la députée du PAM de la première Chambre, Ibtissam Azzaoui a adressé une question écrite au ministre des Affaires étrangères, quant à la date du rapatriement de ces Marocains et la stratégie qui sera adoptée dans la réalisation de cette opération.

Dans le même registre, cette députée interpelle le chef de la diplomatie marocaine, sur la coordination avec le ministère de la Santé, pour la mise en place des mesures préventives, dans le cadre de l’accueil de ces Marocains, en vue de protéger la Santé de nos citoyens et citoyennes et celle de leurs proches.

Rappelons que le ministre de tutelle Nasser Bourita, avait déclaré à la MAP, à l’issue d’une réunion de la Commission parlementaire des affaires étrangères, le 23 avril, que «le droit au retour est un droit naturel et indiscutable. Or ce qui est évident n’est pas nécessairement approprié dans ce contexte exceptionnel», notons que «L’opération doit se faire dans les meilleures conditions sans risque pour les bénéficiaires eux-mêmes, ni pour leur pays». 


Pas de rapatriement avant le 20 mai

Plus récemment, l’ambassadeur directeur des affaires consulaires et sociales, Mohamed Basri a déclaré, ce jeudi, dans une interview accordée à Radio 2M, que le 20 mai, date prévue pour la fin de l’état d’urgence sanitaire au Maroc, «permettra une vision claire et les décisions qui seront ainsi prises ou annoncées seront aussi importantes que cruciales à cet égard».

Selon la même source, «Nous ne sommes pas insensibles à leurs demandes ni à leur situation… Toutefois, nous ne pouvons pas nous permettre un revers et nous ne pouvons pas faire marche arrière, il faut que nous réussissons ce rapatriement», indique ce responsable, tout en précisant que le rapatriement une «opération complexe», qui nécessite l’implication de plusieurs intervenants.