Réfugiés: la Grèce souhaite une extension des critères de relocalisation

Syrian and Iraqi refugees wait for hours to cross the Greek-Macedonian border near the village of Idomeni on February 27, 2016. More than 5,000 people were stuck at the Idomeni camp on Greece's northern border with Macedonia on February 27, 2016 after four Balkan countries announced a daily cap on migrant arrivals. The build-up began in earnest last week after Macedonia began refusing entry to Afghans and imposed stricter document controls on Syrians and Iraqis, slowing the passage of migrants and refugees to a trickle.The situation looked set to worsen significantly after EU members Slovenia and Croatia, as well as Serbia and Macedonia, said they would limit the number of migrants entering each day to 580. / AFP / LOUISA GOULIAMAKI

Le ministre grec aux Migrations a souhaité mercredi que le programme de relocalisation des réfugiés dans l’UE soit étendu à d’autres nationalités qu’actuellement, et surtout, aux mineurs non accompagnés.

Nous voudrions une extension de la relocalisation à certains réfugiés qui ne remplissent pas actuellement les critères stricts” requis, a indiqué Yannis Mouzalas à la presse à l’aéroport d’Athènes. Une telle mesure devrait bénéficier aussi “à quelques centaines de mineurs non accompagnés quelle que soit leur nationalité : un mineur, c’est un mineur”, a insisté le ministre. Il s’exprimait à l’occasion du départ pour la France d’un groupe de “relocalisés”, 231 personnes dont 187 Syriens, un des derniers gros départ de ce programme initié en septembre 2015 pour soulager la Grèce et l’Italie.

Ce programme est en train de s’achever en Grèce, la plupart des personnes éligibles, quelque 25.000, ayant trouvé un pays d’accueil. Les réfugiés pour lesquels M. Mouzalas évoque une extension des critères de relocalisation sont ceux arrivés en Grèce avant l’entrée en vigueur de l’accord UE-Turquie du 20 mars 2016. “Pour ceux arrivés après, il faut travailler sur la question”, a-t-il dit. Jusqu’à présent, seules les personnes d’une nationalité ayant un taux d’acceptation de l’asile au moins égal à 75% peuvent bénéficier du programme, les Irakiens par exemple en étant désormais exclus.

M. Mouzalas a également insisté sur l’importance, selon lui, d’accroître les places d’accueil dans l’Union européenne pour les “réinstallations” de réfugiés depuis la Turquie ou le Liban. “Ce n’est pas avec un engagement sur 50.000 personnes réinstallées qu’on arrêtera les passeurs” qui acheminent toujours des réfugiés de Turquie en Grèce, quoique à un rythme beaucoup plus lent depuis l’entrée en vigueur de l’accord UE-Turquie. Avec le départ de mercredi matin, la France aura accueilli 4.322 personnes relocalisées depuis la Grèce, ce qui en fait le deuxième pays d’accueil européen pour ce pays après l’Allemagne (4.838).


Elle s’était au départ engagée à en accueillir 12.000, mais les candidatures éligibles ont été inférieures. “C’est pareil pour tous les pays” de l’UE, a expliqué à l’AFP Lola Girard, officier de liaison de l’Office français de l’Immigration et de l’Intégration (OFII) à Athènes. Les autorités françaises, “se maintiennent disponibles s’il y a de nouvelles personnes éligibles à nous proposer“, a-t-elle toutefois assuré. Le programme de relocalisation a permis pour l’instant, selon la Commission européenne, de répartir dans le reste de l’UE quelque 20.800 réfugiés arrivés en Grèce avant le 20 mars 2016, et 9.754 personnes arrivées en Italie.