Le renforcement de la relation de confiance citoyen-police au cœur de la stratégie de la DGSN en 2016

Les objectifs de la stratégie sécuritaire de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) pour l’année 2016 ont porté essentiellement sur le renforcement de la confiance et la construction d’une relation forte entre le citoyen et la police en tant que service public, a affirmé M. Boubker Sabik, Commissaire principal à la DGSN.

Cette stratégie, dont le bilan a été dévoilé par la DGSN il y a quelques jours, s’est basée sur une feuille de route et un plan d’action s’articulant autour de l’amélioration des prestations sécuritaires, en répondant au droit des citoyens à la sécurité, la prévention du crime, ainsi que la simplification des procédures administratives, la consécration de la gouvernance et l’ouverture sur le citoyen, a-t-il indiqué dans un entretien à la MAP.

La mise en œuvre de cette stratégie, a ajouté M. Sabik, intervient conformément aux hautes instructions de SM le Roi Mohammed VI visant le renforcement de la sécurité des citoyens, la consolidation du sentiment de sécurité et la mise en place de conditions sûres pour la jouissance des droits et libertés, et au contenu du discours royal du 14 octobre dans lequel le Souverain a appelé à la simplification des procédures administratives et la facilitation de l’accès des citoyens aux services publics y compris sécuritaires.

Revenant en détail sur le bilan de la stratégie sécuritaire de la DGSN en 2016, M. Sabik a noté que le volet de modernisation des structures a permis la création d’unités mobiles de police de secours, mises en place dans un premier temps à Rabat, Salé et Marrakech, puis prochainement à Fès, en prévision de leur généralisation, à terme, sur les différents districts de police du Maroc.


Le but de la mise en place de ces unités est de créer des équipes de terrain et un mouvement permanent des éléments de la police dans l’ensemble des axes et périmètres en coordination avec des salles de pilotage et de coordination qui reçoivent les appels de secours et les transfèrent immédiatement aux unités mobiles en vue d’une intervention sur le terrain, a-t-il expliqué.

L’objectif, a-t-il soutenu, est de renforcer la confiance dans les prestations de la ligne téléphonique (numéro 19) et de réduire la durée des interventions sécuritaires, à travers la circulation continue des unités sécuritaires sur la voie publique, précisant à ce titre que les services de sécurité ont réussi à réduire la durée des interventions à Rabat dans un intervalle de 7 à 3 minutes et l’on prévoit de la ramener à terme à 1 minute.

En outre, M. Sabik a fait état de la création d’une série d’unités spécialisées dans la lutte anti-criminalité, dont le nombre s’élève jusqu’à présent à sept dans les grandes villes, avant leur extension prochainement.

Ces dernières unités ont pour mission d’intervenir contre les grands crimes, surtout que “le Maroc, au vu de son positionnement géographique, n’est pas à l’abri des menaces qui affectent son entourage régional et international et le rendent vulnérable aux réseaux du crime organisé qui cherchent de nouvelles routes pour le trafic international de drogues et d’êtres humains”.


Outre les procédés criminels utilisés dans le trafic de drogue, ces réseaux peuvent transférer aussi les modes opératoires criminels usités ailleurs, tels le règlement de compte par liquidation, le chantage, la demande de rançons, d’où l’importance des unités régionales pour avorter ce genre d’opérations du crime organisé.

Par ailleurs et en vue de réduire la pression sur la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ), le responsable sécuritaire a fait état de la création de brigades régionales de la PJ qui vont axer leurs missions sur les crimes économiques et financiers (espionnage économique, détournement et dilapidation de deniers publics), conformément à la démarche de l’Etat visant la lutte contre toutes les formes de prévarication financière.

Parallèlement à la création de ces unités sécuritaires polyvalentes, les efforts des services sécuritaires ont focalisé aussi sur la réhabilitation des cellules d’accueil des femmes victimes de la violence et des brigades des mineurs en vue d’accompagner l’évolution qu’ont connue les droits de cette catégorie sociale et améliorer les prestations en sa faveur, en fournissant à ces cellules des guides de soutien psychologique, et en y affectant des femmes policières, outre le recours à des psychologues pour venir en aide à cette catégorie vulnérable.

Au volet de la simplification des services administratifs, le responsable sécuritaire a indiqué que cet aspect a connu un saut qualitatif après le discours royal du 14 octobre, précisant qu’une nouvelle réflexion sur la façon de servir les citoyens a été engagée.


Il s’agit, ainsi, de l’amélioration des espaces d’accueil, la simplification des documents administratifs, le renforcement de leur sauvegarde et leur protection contre tout usage à des fins frauduleuses, ou encore à travers l’adoption de nouveaux documents biométriques protégés, dont les documents de port d’arme discrète et les permis d’utilisation des explosifs à des fins professionnelles, a-t-il détaillé.

Concernant les services en faveur des membres de la communauté marocaine à l’étranger, il a été procédé à la mise en place de postes de collecte et de recouvrement des données personnelles ou biométriques au niveau des missions étrangères pour réduire le délai de leur traitement, a-t-il dit, ajoutant que 1.808 citoyens marocains résidant à l’étranger ont bénéficié de ce service.

De même, la procédure d’obtention de cartes de séjour pour les étrangers a été simplifiée, son délai écourté et sa sécurité renforcée, a indiqué M. Sabik.

Le responsable a qualifié de positif le bilan des interventions sécuritaires dans le domaine du maintien de l’ordre et de la lutte contre la criminalité en 2016, puisque les services de sécurité marocains sont parvenus à saisir plus de 127 tonnes de hashich et ses dérivés contre environ 50 tonnes en 2015, outre la saisie de 1 million 200 comprimés psychotropes grâce aux opérations conjointes menées par les services de police sur la base d’informations précises fournies par les services de la DGSN.


Par ailleurs, 466.150 personnes faisant l’objet d’un avis de recherche au niveau national ont été arrêtées pour divers délits et crimes, en hausse de 23pc a-t-il relevé.

Sur un autre registre, M. Sabik a souligné que la DGSN accorde une grande importance, dans le cadre sa stratégie, au domaine de la communication, et ce à travers une approche plus ouverte, notamment avec les différents médias, de manière à permettre à toutes les composantes de l’opinion publique nationale de s’informer sur les différents aspects du travail accompli par les services sécuritaires.

La DGSN a “veillé, sur la base de ce principe, à présenter le bilan de son action au titre de 2016, avec ses aspects positifs et négatifs, qu’il s’agisse des réalisations et mesures concrètes ayant été mises en oeuvre, ou de rupture, dans le cadre de la politique de moralisation, avec les dysfonctionnements administratifs et financiers”, signalant que 2.007 sanctions disciplinaires ont été émises à l’encontre de policiers ayant enfreint la loi.

Consciente du rôle joué par les médias en tant qu’acteur essentiel dans la réussite de la sécurité, la DGSN a entrepris la création d’une structure sécuritaire de police dédiée à la communication et comptant 20 cellules (une cellule centrale et 19 régionales) en interaction permanente avec les médias, a fait savoir M. Sabik, ajoutant que ces cellules répondent aux demandes des médias “dans le respect de la ligne séparant la liberté de diffusion et ses contraintes” qui nécessitent, dans certains cas, le respect de la confidentialité des enquêtes criminelles, le droit à la vie privée et les affaires de mineurs. En outre, il a révélé que la DGSN, dans le cadre de sa stratégie de communication avec les médias, a diffusé 1.200 textes médiatiques pour l’information publique (communiqués, annonces, dossiers de presse) et a répondu à plus de 165 demandes de reportage avec les médias, outre la généralisation des communiqués liés à toutes les affaires de discipline relatives aux policiers ayant commis des infractions, et l’ouverture d’enquêtes sur l’ensemble des plaintes déposées par les citoyens contre des policiers pour “établir la vérité et renforcer la confiance des citoyens”.


M. Sabik a conclu que la sécurité, en tant que responsabilité collective à laquelle participent l’acteur institutionnel, les appareils sécuritaires, les organisations de la société civile et les médias, est également un acquis collectif qu’il faut soutenir et renforcer en conjuguant les efforts de tous les partenaires et intervenants, en s’ouvrant sur les citoyens et en consolidant la relation avec eux.