Rentrée scolaire: Des experts recommandent l’enseignement en présentiel, sous conditions

L'enseignement

L’enseignement en présentiel est “très important” et doit être encouragé à condition de respecter les mesures barrières pour réussir une rentrée scolaire sécurisée, ont souligné, vendredi, des experts en pédiatrie, pédopsychiatrie, pédagogie et médias.

Les intervenants à cette rencontre, qui s’exprimaient lors d’un webinaire tenu à l’initiative de la Société marocaine des sciences médicales (SMSM) autour du thème “Guide pour réussir une rentrée scolaire sécurisée : les recommandations des sociétés de pédiatrie”, ont insisté sur le retour “sécurisé” des élèves à leurs classes tout en respectant les mesures d’hygiène strictes. Intervenant à cette occasion, le président de la SMSM, Moulay Said Afif, a “encouragé” la formule pédagogique de l’enseignement en présentiel tout en respectant certaines mesures barrières (limite des capacités des classes, distanciation, port du masque…).

M. Afif a mis en exergue l’apport prépondérant de SAR la Princesse Lalla Meryem, Présidente de l’Observatoire National des Droits de l’Enfant (ONDE) qui a créé “une dynamique pour les droits de l’enfant”, tout en saluant l’initiative du chantier de généralisation de la couverture sociale, annoncé par SM le Roi Mohammed VI dans le dernier discours du Trône. De son côté, le Vice-Président de la Société Française de Pédiatrie (SFP), Robert Cohen, a indiqué que les enfants sans co-morbidité doivent partir à l’école sauf pour certains cas particuliers qui nécessitent une validation par le médecin traitant.

“Pour une rentrée scolaire possible pour tous, des mesures d’hygiène strictes doivent être appliquées”, a-t-il souligné, ajoutant que compte tenu de la faible contribution des enfants dans la transmission de l’infection, les absentéismes scolaires doivent être limités. “Une fermeture de classes ne se justifie que si au moins 3 enfants sont infectés au sein de la même classe”, a-t-il estimé. Le Président de la Société Marocaine de Pédiatrie (SMP), Hassan Afilal, qui s’est intéressé à la préservation et l’encadrement de la santé physique et mentale de l’enfant, a mis en avant l’importance de l’enseignement en présentiel pour l’enfant qui est “peu vecteur et peu contaminant surtout pour les enfants de moins de 14 ans”.

Le président de la SMP a, en outre, énuméré certaines mesures barrières qui doivent être respectées à l’école, plaidant pour des procédures d’urgence claires, adaptées et prévoyantes. Pour M. Afilal, le présentiel contribue au “bien être et l’épanouissement de l’enfant à travers les liens sociaux et les contacts”, ajoutant que les enfants doivent se faire vacciner pour s’immuniser contre la grippe et le pneumocoque, disant qu’un rattrapage est nécessaire en ce sens. Même son de cloche chez le Doyen de la faculté de médecine et pharmacie de Marrakech et Président de la Société marocaine d’infectiologie pédiatrique et de vaccinologie (SOMIPEV), Mohammed Bouskraoui, qui a fait une présentation sur l’intérêt de la vaccination chez l’enfant.


Lors de cette réunion virtuelle, d’autres conférenciers relevant de la Société Marocaine de Pédopsychiatrie (SMPP), du Service de Pédopsychiatrie Ibn Rochd et du Comité de suivi de l’enfant relevant de la de la Direction de la Population au Ministère de la santé, ont préconisé des actions de nature à mettre en place une stratégie d’identification précoce des troubles pédopsychiatriques, ainsi que des stratégies nationales de promotion de santé mentale. Dans ce cadre, le Directeur de l’Information de l’Agence marocaine de presse (MAP), Rachid Mamouni, a tenu à souligner l’importance des médias dans la sensibilisation et l’accompagnement de la rentrée scolaire.

M. Mamouni a fait observer que la rentrée scolaire se profile comme “un changement de paradigme dans toute l’opération d’apprentissage à l’école” vu l’évolution de la situation épidémiologique. La lutte contre la maladie se joue aussi bien sur le terrain en terme d’information et de sensibilisation que dans les hôpitaux et dans les laboratoires, a-t-il affirmé. S’attardant sur le rôle prépondérant des journalistes dans la recherche de l’information exacte auprès des sources fiables, M. Mamouni a dit que “le fait de donner une information juste, sans minimisation du danger et sans exagération de la menace, s’apparente à un acte médical” qui pourrait sauver des vies.

Ce débat en ligne, qui a mis l’accent sur la rentrée scolaire à la lumière de la pandémie de coronavirus et les recommandations des spécialistes de la santé, a été organisé par la Société marocaine des sciences médicales (SMSM), la Société marocaine de pédiatrie (SMP), la Société marocaine de pédopsychiatrie et professions associées (SMPPA), ainsi que plusieurs associations de pédiatres et l’Agence MAP.