Rentrée scolaire : la colère des libraires

Par Yasmine El Khamlichi

La rentrée scolaire est prévue le 5 septembre, toutefois, les manuels ne sont pas encore tous disponibles dans les librairies. Les professionnels du livre sont en colère et le font savoir. Ils déplorent des pertes financières colossales chiffrées en millions de dirhams.  

 

En juin dernier, le département de Said Amzazi a décidé d’opérer des changements dans le curriculum scolaire, soit 26 manuels homologués par le ministère, correspondant aux 3ème et 4ème années du cycle primaire, ont fait objet de révision. Ces manuels sont encore absents des librairies, jusqu’à présent, alors que le démarrage des cours est prévu le 5 septembre.

Cette révision concerne 4 matières à savoir l’histoire-géographie, l’arabe, le français, les mathématiques et les sciences.

Selon le président de l’Association marocaine des libraires (AML), Mohammed Berni, ces manuels ne seront disponibles qu’à partir du « 15 septembre ».

Le président de l’AML explique à Maroc Diplomatique que « les parents d’élèves n’arrivent pas à comprendre que les libraires ne sont pas responsables de l’absence des manuels, mais plutôt les éditeurs et le ministère de l’éducation nationale ».

Pour Omar Khiyati, le président de l’association des libraires au niveau de la région Tanger-Tétouan-Al-Hoceima, la profession du libraire est devenu comme « un jeu d’argent ». « A chaque rentrée scolaire, depuis 5 ans, le ministère de l’éducation nationale nous surprend avec de nouvelles éditions des manuels scolaires », regrette-t-il.

Pour sauver la situation, le département de Said Amzazi a proposé aux professionnels du livre, de revendre les anciens manuels, à condition, qu’ils soient accompagnés des nouveaux. Une solution qui serait « inacceptable aux yeux des parents », selon le président de l’AML.

Interrogé sur la marge bénéficiaire des libraires, Omar Khiyati précise que « la marge bénéficiaire des livres homologués par le ministère de tutelle ne dépasse pas 15% et celle des manuels scolaires importés de l’étranger ne dépasse pas 20% ».

Cet associatif dénonce également « la concurrence déloyale », que pratiquent les grandes surfaces et les marchands ambulants, qui vendent les fournitures scolaires à prix très réduits par rapport aux librairies.

Interrogé aux conséquences qu’engendrent ce changement de manuels annuellement, Mohammed Berni avance un chiffre approximatif de « 4 milliards de centimes » de pertes annuelles à l’échelle nationale.