Réseaux sociaux et confinement : un danger pour les utilisateurs ?

C’était la deuxième application la plus téléchargée au monde en 2019, elle fait de plus en plus fureur en cette période de confinement, et compte à présent plus de 800 millions d’utilisateurs actifs dans le monde, chez les adolescents comme chez les adultes. Chorégraphies, montages, effets spéciaux et mises en scène, certains pays ont déja tiré la sonnette d’alarme quant aux dangers de l’utilisation de cette application.

Terrain de jeu pour les prédateurs sexuels
Selon les statistiques évaluant la performance des applications mobiles, Tik-Tok aurait été installée 1.65 milliard de fois, depuis sa création, dépassant ainsi WhatsApp et YouTube en 2019. Anciennement connu sous le nom de Musical.ly, ce réseau social d’origine chinoise, fait des ravages, et son utilisation s’est davantage accentuée durant cette période de confinement. Pourtant, ce genre d’application comporte de nombreux dangers.
41% des utilisateurs de Tik-Tok seraient âgés de 16 à 26 ans selon les chiffres du site Statista en 2019. Mais le problème réside surtout dans le concept de l’application. Si Musical.ly était initialement destinée à l’enregistrement de vidéos play-back, l’utilisation de Tik-Tok a pris une autre tournure. Vous avez probablement tous vu des vidéos amusantes, courtes de 15 secondes, où les utilisateurs se mettent en scène, dansent ou chantent. Des vidéos parfois suggestives, à caractère sexuel allant parfois jusqu’à montrer des personnes se déhanchant, parfois dénudées avec un filtre floutant les parties intimes ; un terrain de jeu propice pour les prédateurs sexuels.

Bien que l’application soit interdite aux moins de 13 ans, certaines enquêtes menées, présentées notamment sur le média BBC, dévoilent que même les -13 ans ont accès à l’application, des enfants parfois de 9 ans seraient inscrits. En 2018, certains pays sont allés jusqu’à interdire l’application comme en Inde ou en Indonésie, accusée par le gouvernement de promouvoir la pornographie, des contenus inappropriés et le blasphème.

Par ailleurs, en plus de donner lieu à des challenges particulièrement dangereux, ce genre d’application favorise d’autres problématiques comme le harcèlement, et ferait émerger certains troubles chez les utilisateurs comme le narcissisme ou encore le manque de confiance en soi suite aux commentaires axés sur le physique.

Protection de données personnelles
Plusieurs plaintes auraient été dressées, notamment aux Etats-Unis, accusant l’envoi des données personnelles en Chine ainsi que leur commercialisation. L’application a ainsi été condamnée, en 2018, à payer une amende de 5,7 millions de dollars aux Etats-Unis pour collecte illégale de données personnelles de mineurs. A l’heure ou plusieurs personnes manifestent leur réticence quant au développement d’applications de tracking pour la lutte contre le Covid-19, au nom de la démocratie et de la protection de données personnelles, beaucoup se demandent pourquoi l’utilisation de telles applications encore plus nuisibles ont autant de succès.


Le tableau n’est néanmoins pas complètement sombre. L’application dont le nombre de téléchargements a explosé durant la période de confinement à permis à certains utilisateurs de véhiculer des messages de civisme, encourageant à rester chez soi et proposer des activités de distraction entre proches. Et s’il demeure difficile de contrôler les activités des adolescents, surtout en cette période d’enfermement, les parents doivent parfois redoubler de vigilance et veiller à ce que les paramètres de confidentialité soient contrôlés (ne pas autoriser la visite du profil au public, ne pas autoriser l’envoi et la réception des messages pour tous, veiller à ce que les informations de géolocalisation ne soient pas diffusées etc.).