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Russie : inauguration du premier gazoduc vers la Chine

La Russie peut se targuer d’être un acteur incontournable du paysage énergétique mondial en raison de ses réserves en gaz, en pétrole et en charbon. Outil au service de sa politique étrangère, Vladimir Poutine vient d’inaugurer un des 3 projets en cours, Force de Sibérie, qui doit à terme approvisionner la Chine. Celui-ci succède aux gazoducs Yamal-Europe, North Stream 1, South Stream et Blue Stream, et conforte le positionnement stratégique de la Russie sur le marché eurasiatique de l’énergie.

Force de Sibérie : l’Energie comme levier d’influence
Une opportunité en or pour la Russie, le gazoduc Force de Sibérie a été inauguré ce lundi 2 décembre. Ce projet devrait permettre au pays, dont les principaux importateurs sont l’Europe et la Turquie, de diversifier ses partenaires et de se rapprocher davantage de l’Orient. Le boycott qui lui a été infligé par l’Occident suite à la crise ukrainienne à eu des conséquences considérables sur son économie, poussant celui-ci à élargir sa zone d’influence. A terme, ce gazoduc devrait être le plus long au monde avec plus de 3000 kilomètres, et faire des relations sino-russes, un partenariat stratégique visant donc, à contrer l’influence américaine, ainsi que la dépendance aux financements européens.

Nord Stream 2 : la bête noire de l’Occident 

Validé en Février 2019 par les Etats membres européens, ce gazoduc de 1230 km doit relier la Russie à l’Allemagne en contournant les Etats Baltes.  Il s’agit d’un projet très controversé qui a suscité des débats houleux entre les Etats européens avant sa validation. L’Estonie, la Lituanie, la Lettonie et a Pologne, craignent que l’Allemagne se retrouve davantage dépendante du gaz Russe et qu’elle ne puisse plus défendre les intérêts de l’Europe de l’Est. En effet, la Russie est le premier fournisseur de gaz naturel de l’UE avec 40% des importations et le deuxième fournisseur de pétrole. Mais ce n’est pas l’unique raison qui a poussé à la réticence. Ce projet permettrait à la Russie de contourner l’Ukraine, généralement pays de transit et dont l’économie est fortement dépendante de la redevance russe. Mais la Russie a finalement obtenu le feu vert avec l’approbation le 30 octobre 2019 du Danemark à laisser passer le gazoduc dans ses eaux territoriales.

Turkstream ou le rapprochement entre la Turquie et la Russie

Le gazoduc reliant la Russie à la Turquie devrait être inauguré en janvier 2020. 917 km de long par la Mer Noire, c’est un projet qui avait été signé en 2014, avant les tensions entre les deux pays, suite au crash d’un bombardier Russe abattu par la Turquie fin 2015. Le contrat est néanmoins scellé depuis 2016 et marque un rapprochement entre les deux pays, alors que la Turquie entretient des relations tumultueuses avec l’Europe et l’OTAN.

Les objectifs de la Russie sont multiples. Cette diversification des partenaires lui permet certes, de renforcer son économie, mais aussi de disposer de leviers de négociation géopolitique avec ses importateurs, notamment, dans le cas des nouvelles routes de la soie chinoises, et ce, au grand désespoir des occidentaux. Craignant aussi la faiblesse des exportations du gaz naturel américain, Donald Trump a demandé à plusieurs reprises l’arrêt du projet Nord Stream 2. Selon lui, « l’Allemagne est complètement contrôlée par la Russie (…), elle est prisonnière de la Russie». Mais Poutine semble lancé dans sa conquête et enclin à marquer davantage son territoire en Orient.

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