Sahara : L’offensive diplomatique marocaine à l’ONU

Par Khadija Skalli

Les prochaines semaines seront marquées par d’intenses efforts diplomatiques de la part du Maroc concernant la question du Sahara marocain. Deux événements de haute importance auront lieu : D’abord, la nouvelle table ronde des pourparlers prévue avant fin mars et ensuite le renouvellement du mandat de la Minurso, qui arrivera à échéance le 30 avril prochain.

Le deuxième round des pourparlers sur le conflit du Sahara aura lieu au cours de la deuxième quinzaine de mars en Suisse. L’annonce a été faite par l’ONU. « L’Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies pour le Sahara, Horst Köhler, envisage de convoquer une deuxième table ronde des pourparlers au cours de la deuxième quinzaine de mars en Suisse », a déclaré, mardi 5 mars, Stéphane Dujarric, le porte-parole du Secrétaire général de l’ONU, lors du point de presse quotidien à New York.

Les préparatifs de cette rencontre vont donc bon train. L’ancien Président allemand a tenu, en février et début mars, des réunions bilatérales avec les différentes parties concernées. L’émissaire onusien a rencontré, fin février, à Paris, la délégation marocaine dirigée par le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Nasser Bourita. Horst Köhler s’est également entretenu avec le chef de la diplomatie algérienne Abdelkader Messahel avant de rencontrer à Berlin le front Polisario. Des consultations ayant pour objectif de ficeler l’agenda de la prochaine table ronde. Comme annoncé lors du briefing au Conseil de sécurité de l’ONU, le 29 janvier 2018, la deuxième table ronde des pourparlers aura bel et bien lieu avant fin mars.

Rappelons que la première table ronde a eu lieu les 5 et 6 décembre 2018 à Genève. L’émissaire onusien s’est montré alors très optimiste quant à la reprise des pourparlers. Une étape importante, selon lui, pour remettre le processus politique sur les rails.

Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies, devra présenter aux membres du Conseil de sécurité un rapport sur le Sahara bien avant la fin du mandat de la mission.

Minurso : le mandat arrivera à échéance le 30 avril

Le Conseil de sécurité devra examiner la question du Sahara au cours du mois d’avril, pour renouveler le mandat de la mission déployée dans la région, Minurso, qui arrivera à échéance le 30 avril prochain.


Cette instance exécutive des Nations unies avait adopté pour mémoire, le 31 octobre 2018, à une grande majorité de ses membres, une résolution prorogeant le mandat de la Minurso pour une durée de six mois au lieu d’une année.

Porte-plume de cette résolution, les États-Unis ont expliqué que « la durée courte de six mois pour la prorogation du mandat souligne notre détermination pour que le processus politique soit couronné de succès ».

Washington laisse entendre qu’elle veut faire pression sur les parties opposées dans le conflit du Sahara à trouver une solution autour d’une table de négociations.

Par ailleurs, Antonio Guterres, Secrétaire général des Nations unies, devra présenter aux membres du Conseil de sécurité un rapport sur le Sahara, bien avant la fin du mandat de la mission. Selon la résolution, Guterres est tenu de présenter aux Quinze « des exposés sur l’état d’avancement des négociations tenues sous ses auspices, sur les difficultés auxquelles se heurtent les opérations de la Minurso et les mesures prises pour les surmonter » bien avant le renouvellement du présent mandat et avant son expiration.


La Minurso est dans le viseur de l’Administration Trump. Le renouvellement du mandat de la mission onusienne au Sahara sera subordonné aux avancées réalisées, avait menacé le représentant des Etats Unis, lors de la réunion du 31 octobre 2018.

Dans sa déclaration de politique générale, le gouvernement algérien a souligné que l’Algérie poursuit son engagement en faveur des séparatistes tout en cultivant des « relations de solidarité » avec la pseudo-RASD

La France et l’Allemagne initient une démarche commune

La France et l’Allemagne, qui assurent respectivement, en mars et avril 2019, la présidence du Conseil de sécurité, ont convenu d’un programme de travail conjoint. C’est une première dans l’histoire du Conseil de sécurité. Il ne s’agit pas d’une co-présidence de cet organe exécutif mais d’une coordination. Les deux pays vont ainsi coordonner étroitement leurs actions durant ces deux mois.

De ce fait, la France et l’Allemagne adopteront une démarche commune concernant le dossier du Sahara marocain.

Le Conseil de sécurité accordera, au mois d’avril ,un intérêt particulier à la question du Sahara marocain. Quatre réunions seront consacrées à la Minurso durant le mois prochain.


Etabli par la présidence et agréé par l’ensemble des membres du Conseil, le programme prévoit d’abord un briefing, le 1er avril, sur la Minurso. Le Chef de la Minurso pourra probablement présenter un rapport sur la mission onusienne de maintien de la paix. Le major général pakistanais Zia Ur Rehman fraîchement nommé commandant de la Force de la Minurso, pourrait également être présent à cette réunion de haute importance, qui va enclencher le processus d’adoption d’une résolution pour le renouvèlement du mandat de la mission.

Ainsi, le Conseil de sécurité se réunira à nouveau le 9 avril pour se concerter sur la Minurso. Les Quinze se donnent également rendez-vous le 10 du même mois pour consultations.

Les membres du Conseil de sécurité se réuniront, le 29 avril, pour adopter la nouvelle résolution sur le renouvellement du mandat de la mission onusienne déployée au Sahara.

Les succès diplomatiques du Maroc

Le Maroc a réussi une percée diplomatique et politique très significative sur la scène internationale concernant la question du Sahara. Des victoires historiques qui confortent la souveraineté du Royaume sur ses territoires sahariens.
La première grande avancée diplomatique réalisée est l’adoption par le Parlement européen du nouvel accord de pêche liant le Maroc à l’Union Européenne, en session plénière, mardi 12 février, à Strasbourg, à une écrasante majorité. Ce nouveau texte juridique inclut les provinces du Sud du pays. Il s’agit là d’un tournant historique et inédit qui confirme la position légitime du Maroc sur son Sahara.
Autre percée diplomatique magistrale du Maroc, la Cour de justice de l’Union européenne rejette le recours du front Polisario pour l’annulation de la décision du Conseil de l’Union européenne autorisant l’ouverture de négociations entre l’Union et le Maroc en vue de modifier l’accord de partenariat, en incluant les eaux du Sahara marocain.
La Cour a jugé que le recours des séparatistes est « irrecevable ». Mieux encore ! Cette institution judiciaire de l’UE a condamné le front du Polisario de supporter, à ses propres dépens, ceux exposés par le Conseil de l’Union européenne dans cette procédure. Un revers cinglant pour les adversaires de l’intégrité territoriale nationale.
Le coup de théâtre politique a été réalisé aux Etats-Unis. Promulgué par le Président Donald Trump, la loi de finances de l’année 2019 contient des dispositions explicites qui prévoient que les fonds alloués au Maroc doivent être rendus disponibles à la coopération dans les provinces du Sud. Ainsi, les fonds alloués aux provinces du Sud du Royaume doivent être exécutés à travers le Maroc. Autrement dit, le Royaume est l’unique interlocuteur et représentant concernant ces provinces.
Ce texte de loi consacre ainsi la Souveraineté du Maroc sur son Sahara. N’en déplaise à Alger, le Sahara est une partie intégrante du Royaume.