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Shinozuka Takashi, l’ambassadeur qui a fait du Maroc son pays d’adoption et qu’il vient de quitter

Par Hassan Alaoui

« Je m’appelle SHINOZUKA Takashi, et je suis arrivé le 23 janvier 2020 pour prendre mes fonctions d’Ambassadeur du Japon au Royaume du Maroc. Je me sens très honoré d’être dans ce grand pays ami pour accomplir ma mission ».

C’est par ces paroles que ce diplomate hors pair a annoncé son arrivée au Maroc il y a exactement deux ans , en janvier 2020. Il venait de prendre pied dans un pays qu’il affectionne et qu’il a appris à aimer. M.Shinozuka Takashi . S’il quitte aujourd’hui le Royaume du Maroc, à la veille d’une retraire professionnelle méritoire et au terme d’une belle carrière, il demeure attaché à notre pays , dont il se veut le témoin vivant , à la fois de ses prouesses et de la stabilité de ses institutions.

A son arrivée dans le Royaume du Maroc, Shinozuka Takaschi ne retrouvait pas seulement un pays qu’il connaît pour l’avoir affectionné d’une certaine manière avant l’heure, mais une culture, une civilisation proche du Japon, inscrit dans la millénarité mémorielle. Deux monarchies anciennes et , néanmoins, inscrite dans la modernité exigeante, deux Etats démocratiques liés par un même fil de respect mutuel , projetés dans l’avenir.

Au sein du cabinet impérial nippon, pendant quelques années, Shinozuka Takaschi a assisté, disons participé à la construction renforcée des relations entre le Maroc et le Japon, tissées sur la base d’une amitié privilégiée entre les deux Princes Héritiers, à l’époque, Naruhito et Sidi Mohammed Belhassan, devenu respectivement Empereur du Japon et Roi du Maroc. L’amitié réciproque entre les deux, renforcée au fil des ans, donne la mesure de ce que peut être – et ce qu’elle est – une amitié féconde articulée de surcroît sur une coopération multiforme.

Le Maroc a établi des relations diplomatiques avec le Japon en 1956, année de son indépendance déjà. Ce sont donc soixante-six ans d’amitié consolidée sur lesquels aucune ombre de s’est jetée, marqués au sceau d’échanges diversifiés et d’une irrépressible volonté d’aller de l’avant.

Monarchies millénaires, les deux nations sont aussi tournées vers l’avenir , le Japon ayant depuis des décennies, à travers ses entreprises notamment, beaucoup investi au Maroc. Il convient de rappeler qu’en 1987, alors Prince Héritier, le Roi Mohammed VI s’était rendu en visite au Japon , et deux ans plus tard, en 1989, il y avait de nouveau effectué un deuxième voyage, manifestant ainsi son intérêt pour la 3ème puissance mondiale de l’époque.

Devenu Roi en 1999, Mohammed VI a effectué ensuite en 2005 une visite d’Etat au Japon. De son côté SAR le Prince Moulay Rachid a pris part à l’intronisation à Tokyo de l’empereur Naruhito en mais 2019 pour représenter Sa Majesté le Roi Mohammed VI.

→ Lire aussi : Tokyo: Examen des moyens de renforcer la coopération parlementaire maroco-japonaise

Sans nul doute, de tels événements ont marqué la relation privilégiée entre les deux pays. Le Maroc abrite pas moins de 70 entreprises nipponnes qui emploient plus de 40.000 personnes. Comme le souligne Shinozuka Takaschi : . « Pour le Japon, le Maroc est le deuxième pays partenaire d’affaires en Afrique, et en janvier 2020, un Accord d’Investissement ainsi qu’une Convention fiscale ont été signés, promettant d’approfondir davantage les relations économiques. Avec sa stabilité politique et sociale, le Maroc est considéré à juste titre comme le portail reliant l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique ».

Sans sacrifier à une quelconque rhétorique , l’Ambassadeur du Japon a entrepris de nombreuses actions depuis sa prise effective des fonctions, sur les plans politique, économique, culturel, sociétale et humain. Prenant son rôle avec enthousiasme, il s’est tracé une feuille de route où dynamisme, curiosité , approche affective même se croisent. Une présence continue, une éloquence fine et fervente, Shinozuka Takaschi avait le mot juste pour ses visiteurs, collègues ou interlocuteurs. C’est dire que rien ne lui échappait, instruit et nourri par la lecture de tout ce qui s’écrit et se dit sur le Maroc, les sites en tête, en toute langue.

Vingt-quatre mois passés à servir et consolider l’amitié maroco-japonaise, à participer activement à toutes les manifestations , Shinozuka Takaschi aura comblé son « désir Maroc », noué ou renoué des précieux contacts, sondé les cœurs et les âmes de dizaines voire plus de sympathisants et d’amis. De petites à de grandes initiatives, prises ici et là, il s’est fait le témoin et le héraut de l’évolution du Royaume. Cela va de la désignation d’une Consule générale du Japon à Casablanca, en l’occurrence Mme Ghita Lahlou à une cérémonie de distribution de piano à la Fondation Orient-Occident, ou encore à la participation à un Forum à l’université Mondiapolis sur les relations maroco-japonaises, etc…

Sans oublier la relance du programme ABE ( African Business Education) de 1000 bourses, dont ont bénéficié 73 jeunes marocains… A coup sûr, il est désormais , aussi, « l’ambassadeur du Royaume du Maroc » qui constitue l’ultime étape officielle d’un parcours au long cours, entamé au Ministère nippon des Affaires étrangères. Il a toujours proclamé sa devise que « en tant que diplomate, il faut toujours essayer de faire quelque chose qui soit bien pour le pays d’accueil ».

Serviteur loyal de la Cour de l’Empereur japonais, Consul général à Atlanta, acteur majeur de l’évolution des relations bilatérales, auxquelles il a apporté un coup d’accélérateur, Shinozuka Takaschi est d’ores et déjà dans les annales des grands diplomates passés par Rabat et, manifestement, l’un des illustres ambassadeurs du Japon au Maroc, qui voue un culte à la Monarchie et à Sa Majesté le Roi Mohammed VI .

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