Une soixantaine de morts dans de nouveaux affrontements ethniques en Ethiopie

After throw stones after a deadly stampede during the Oromo new year holiday Irreechaa in Bishoftu on October 2, 2016. Several people were killed in a stampede near the Ethiopian capital on October 2, according to an AFP photographer at the scene. Several thousand people from the Oromo community gathered at a sacred lake for a religious festival and started to cross their wrists above their heads, a symbol of Oromo anti-government protests. The event quickly degenerated, with protesters throwing stones and bottles and security forces responding with baton charges and tear gas grenades. Together, Oromos and Amharas make up 60 percent of the population and have become increasingly vocal in rejecting what they see as the disproportionate power wielded by the northern Tigrean minority in government and the security forces. / AFP PHOTO / Zacharias ABUBEKER

Au moins 61 personnes ont été tuées dans de nouveaux affrontements entre des membres de deux des principales ethnies d’Ethiopie (des Oromos et des Somalis), après des heurts similaires en septembre qui avaient fait des centaines de morts, rapportent des médias, citant des responsables locaux.

Des affrontements intercommunautaires, depuis jeudi dernier dans la région d’Oromiya, l’une des neuf régions administratives de l’Ethiopie, ont fait 29 tués parmi les Oromos dans les districts de Hawi Gudina et de Daro Lebu, et 32 morts parmi les Somalis, indiquent les mêmes sources, soulignant que la cause de ces nouveaux heurts n’était pas connue lundi. Le Premier ministre éthiopien, Hailemariam Desalegn, cité par l’Agence de presse éthiopienne “ENA“, a déclaré qu’un “groupe de travail” ayant pour objectif d’enquêter sur ce “massacre” dans la zone Hararghe ouest, l’une des 20 zones de la région Oromia, et suite à des conflits dans différentes parties du pays, avait déjà été mis en place.

Les affrontements qui ont eu lieu dans certaines parties du pays ont entraîné la mort et le déplacement de personnes ainsi que la destruction de biens privés et publics“, a dit M. Hailemariam, ajoutant que des problèmes qui nuiraient aux efforts nationaux visant à assurer la paix et le développement ainsi que la démocratisation ont été observés en raison de cette situation. Le Premier ministre a estimé que des membres du groupe ethnique Somali, qui étaient hébergés dans les postes de police du district de Daro Lebu, à Hararghe ouest, ont été “victimes de massacres“, assurant que les forces de sécurité ont été déjà déployées dans les zones où les affrontements ont eu lieu, “pour assurer la paix et la stabilité“.

Avertissant que ce genre de situation pourrait conduire le pays à l’instabilité, le Premier ministre éthiopien a encore assuré que son gouvernement prendra les mesures nécessaires pour “relever le défi et rétablir la paix“. Pour rappel, des affrontements similaires en novembre dernier ont fait plus de 20 morts originaires des deux régions administratives somali et oromo, près de la frontière entre les deux régions. Les Oromos ont un conflit frontalier avec leurs voisins de l’Etat éthiopien somali.


Pendant plusieurs semaines en septembre, des Somalis et des Oromos se sont affrontés le long des quelque 1.000 km de frontière entre leurs deux régions administratives, dans le sud du pays. La situation s’était calmée après l’intervention de l’armée. Une centaine de personnes – 98 oromos et cinq somalis – soupçonnées d’être impliquées dans les violences de septembre ont été arrêtées.

Si les disputes sont courantes entre communautés au sujet de la démarcation des frontières administratives ou l’accès aux ressources (points d’eau, pâturages…), elles débouchent rarement sur des violences d’une telle intensité. La raison pour lesquelles elles ont débuté reste floue, dirigeants oromos et somalis s’accusant mutuellement d’avoir déclenché les hostilités.