Taxer les riches, le plaidoyer du FMI pour réduire les inégalités

FMI

Un appel des économistes et du FMI (Fiscal Monitor) suite à la publication d’un récent rapport, a ouvert le débat sur la possibilité d’adopter un impôt sur la fortune pour réduire les inégalités et surmonter la crise de la Covid-19 dans plusieurs pays.

Le FMI, ainsi que de nombreux économistes ont appelé à adopter un impôt sur la fortune pour dépasser le fléau des inégalités de revenu et contribuer à la répartition des richesses, notamment en cette période difficile pour plusieurs régions, comme celles qui ont une faible fiscalité.

Le spécialiste des inégalités, l’économiste Thomas Piketty avait indiqué à l’agence française de presse que « la mise en place d’un impôt mondial de 2% sur les fortunes supérieures à 10 millions d’euros rapporterait 1.000 milliards d’euros par an ». Selon M. Piketty, cette taxe constitue un moyen pour réduire les inégalités Nord-Sud, car elle pourrait être « répartie entre tous les pays en proportion de leur population ».

Pour leur part, Emmanuel Saez et Gabriel Zucman, professeurs à l’Université de Berkeley en Californie ont proposé, dans un article destiné à la nouvelle administration américaine, de « ne pas attendre que les milliardaires vendent leurs actions pour les taxer ».


En effet, plusieurs pays ont expérimenté cette réforme, notamment la France qui avait un impôt de solidarité sur la fortune (ISF), supprimé en janvier 2018 et remplacé par l’Impôt sur la fortune immobilière (IFI). Cette mesure permettrait d’encourager les Français les plus riches à investir dans l’économie. L’Inde, aussi, taxait les fortunes mais uniquement les biens non productifs de revenus (véhicules, bijoux, immobilier non loué, etc.). Elle l’a supprimé et l’a remplacé par un autre système de taxation qui va jusqu’à 37% pour les revenus dépassant 50 millions de roupies (561.000 euros).

Pour le cas du Maroc, l’État a appliqué une gestion fiscale favorable pour les entreprises et les ménages, à savoir le report des échéances sociales et fiscales. Mais, la crise sanitaire a mis à nu la situation difficile et la vulnérabilité de presque trois-quarts de la population nationale. Que faudrait-il faire donc pour alléger la pression fiscale ? Plusieurs économistes et fiscalistes ont proposé d’instaurer un impôt sur la fortune, notamment l’universitaire Mohamed RAHJ qui considère cette taxe, comme étant une mesure favorable pour alléger la pression fiscale au Maroc.