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Terrorisme, immigration et climat les trois grands dossiers au menu du G7

Le sommet réunissant les dirigeants des pays industrialisés du Groupe des Sept (G7) a débuté vendredi dans la ville italienne de Taormina, en Sicile (sud de l’Italie), avec à l’ordre du jour des questions aussi brûlantes que complexes telles la lutte contre le terrorisme, le changement climatique et le commerce.

Les dirigeants du G7 vont tenter de trouver une réponse commune face au terrorisme international, à défaut de pouvoir s’entendre sur la question du changement climatique ou le commerce international. En effet, le sujet (terrorisme) est devenu la priorité de cette rencontre suite à l’attentat terroriste qui a fait 22 morts et des dizaines de blessés lundi dernier dans la ville britannique de Manchester.

Conscient des difficultés qui se profilaient à l’horizon, lors de ce sommet, le chef du gouvernement italien, Paolo Gentiloni, dont le pays préside le G7 a prévenu la veille à Bruxelles, en marge du sommet de l’Otan, que « ce ne sera pas une discussion facile », promettant de tout faire pour rapprocher les points de vue, afin de faire de ce rendez-vous des sept des pays les plus riches de la planète « une réunion utile ».

La présidence italienne devrait faire adopter une déclaration commune du G7 sur la lutte contre le terrorisme, un des thèmes évoqués lors de la première session de travail vendredi matin. Par contre, les choses s’annoncent plus délicates lors des discussions ultérieures sur le climat ou le commerce international.

Le réchauffement climatique, sujet sur lequel le président américain Donald Trump refuse toujours de se prononcer, « sera le plus compliqué », avait-on prévenu, soulignant que rien ne dit que les dirigeants du G7 parviendront à trouver un terrain d’entente sur ce sujet crucial. M. Trump a clairement indiqué qu’il n’avait nullement l’intention de dévoiler ses cartes en Sicile, bien qu’il ait promis après son entrée en fonction de clarifier la position américaine avant cette réunion du G7.

Selon les médias transalpins, le président américain, qui participe à son premier sommet du G7, demeure l’inconnue de cette rencontre en raison de son protectionnisme commercial, de sa position anti-immigration et de son intention avérée d’investir dans les combustibles fossiles, ce qui va l’encontre des efforts pour lutter contre le changement climatique.

Cela n’empêchera pas certains pays, dont l’Italie, la France ou l’Allemagne, de faire valoir l’importance de l’accord de Paris sur le changement climatique. Toute la diplomatie européenne essaie de « pousser dans la même direction » les Etats-Unis sur le climat, selon la présidence française.

La chancelière allemande Angela Merkel a, pour sa part, rappelé combien elle était attachée au respect de cet accord (de Paris), censé réduire les émissions de gaz à effet de serre. « J’essaie toujours de convaincre les sceptiques », a-t-elle déclaré mardi

Selon des sources diplomatiques italiennes, la déclaration finale du G7 est donc encore à l’état d’ébauche sur ce point, et les « sherpas », conseillers des délégations, continuaient à la veille du sommet à la rédiger,

Autre sujet de dissensions, le commerce international et le rôle d’arbitre de l’OMC, où les Etats-Unis veulent réviser leur position, tandis que Paris souhaite l’accord « le plus ambitieux possible sur la défense du système multilatéral ».

La présidence italienne du G7 souhaite, de son côté, mettre l’accent sur l’Afrique, géographiquement toute proche de la Sicile, et a invité samedi à Taormina les dirigeants de cinq pays africains, en l’occurrence Tunisie, Niger, Nigeria, Kenya et Ethiopie.

Rome avait également souhaité que les dirigeants du G7 s’entendent sur une déclaration commune sur les migrations, mais y a finalement renoncé pour se limiter à quelques lignes sur le sujet dans le communiqué final, selon des sources diplomatiques italiennes. Le pays hôte voudrait discuter des problèmes d’immigration et de la nécessité d’investir davantage en Afrique pour inverser l’exode des populations fuyant la guerre et la misère, fait-on observer.

Ce texte sera d’ailleurs beaucoup plus bref que les déclarations publiées lors de précédents sommets, a prévenu la présidence italienne.

Par ailleurs, au moment où les dirigeants du G7 entamaient leur première journée de travaux, les organisations anti-G7 manifestaient sur les plages et les places des villages aux abords de Taormina. Avant la grande manifestation qui doit les réunir samedi dans un unique cortège « NO G7 », collectifs et associations opéraient en ordre dispersé vendredi, tentant de faire entendre leurs voix au sujet de nombre de sujets dont en tête la question du climat et l’accueil de migrants.

D’autre part, pour assurer le bon déroulement de ce sommet, l’Italie a déployé un important dispositif de sécurité. Tireurs d’élites sur les toits, drones et caméras de vidéosurveillance, artificiers et équipes médicales: la prestigieuse cité balnéaire sicilienne de Taormina s’est transformée en camp retranché pour accueillir les dirigeants des sept pays les plus riches de la planète.

Face à la menace terroriste, les autorités ont prévu un dispositif humain exceptionnel avec 10.000 hommes – policiers, carabiniers, militaires – chargés d’assurer la sécurité dans la ville et ses environs. Perchée sur un éperon rocheux à 200 mètres au-dessus de la mer Ionienne, Taormina et ses 11.000 habitants sont en état de siège vendredi et samedi.

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