Tourisme : La relance passe par l’action fiscale et comptable

A quelques jours du dépôt des bilans des entreprises, dont notamment celles opérant dans le secteur touristique, Premium Travel News a organisé, mardi 09 mars, sa 26ème édition sous le thème « Reprise du tourisme : entre enjeux financiers et consolidation » pour alerter sur la situation de ce tissu et donner l’opportunité aux experts comptables de mettre leur main dans la patte en proposant les mesures fiscales et comptables adéquates à la situation actuelle.

Cette édition, modérée par conjointement, par Othmane Cherif Alami, Fondateur de Premium Travel News & Expert en Tourisme et Bouchra Taibi, Coordinatrice Scientifique des mardis du Tourisme, a connu la participation de Laila El Andaloussi, expert-comptable et dirigeante du Cabinet ABS Consulting, et El Mehdi Fakir, expert-comptable et consultant en stratégie et risk management. Ils se sont penchés sur les solutions et les mesures comptables et fiscales qui peuvent être adoptés pour soutenir la relance du secteur touristique, gravement touché par la crise de la covid-19.

Cette rencontre a été organisée à quelques jours de la présentation de la plupart des entreprises touristiques de leur bilan 2020. Dans ce sens, Othman cherif Alami a rappelé que le Maroc a enregistré que 2,8 millions d’arrivés en 2020. Pourtant, le rapatriement des devises de 2020 avec les paiements décalés de 2019 a quand même atteint 38 MMDH en devises sur les 80 Mrds à peu près que le secteur a réalisé en 2019. Il a noté dans ce contexte qu’il a été prévu un montant de 95 MMDH pour 2020, en raison de l’espoir qui a été nourri durant les deux derniers mois, janvier et février, de réaliser une augmentation de 15% à 20% du volume d’affaires pour la destination touristique marocaine.

Pour sa part, Laila Andaloussi a expliqué la problématique de la relance touristique entre enjeux financiers et consolidation qui est, selon « un sujet qui interpelle à plus d’un titre », étant donné de l’importance du poids du secteur en termes de contribution en PIB, rapatriement des devises.

Par ailleurs, elle a rappelé les chiffres d’une enquête qui synthétise parfaitement la situation très alarmante des entreprises touristiques avec 40 % de perte d’activité et 80.000 en termes de perte d’emploi, qui ont impacté négativement la situation financière des entreprises

Sur le plan comptable, Andaloussi a précisé que le conseil national de comptabilité a apporté une disposition dérogatoire qui permet aux entreprises de mieux présenter leurs comptes et de pouvoir réduire la dégradation de leur situation financière. En effet, cette disposition peut encore aujourd’hui être utilisée. Elle consiste dans la possibilité par un jeu d’écriture de constater des charges qui sont liées à la sous-activité dans des comptes d’actifs, et l’entreprise touristique à la possibilité de les amortir sur une durée de 5 ans.

Sur le plan fiscal, le système fiscal prévoit comme même un traitement favorable pour les entreprises touristiques avec une exonération de 5 ans sur le chiffre d’affaire à l’export. Mais, en réalité, la problématique se pose au niveau de la TVA. Les entreprises du secteur dégagent des crédits de TVA qui relèvent de la règle du butoir qui consiste dans le décalage existant entre les taux (les nuitées sont facturées avec la restauration et les boissons à 10 %, alors que les intrants qui sont acquis se font au taux de 20% ou 14%). Ce crédit de TVA n’est pas restituable selon la loi.

Pour Mehdi El Fakir, elle a signalé qu’il faut avoir le courage politique pour soutenir l’écosystème touristique, car selon lui, l’enjeu aujourd’hui n’est pas de survivre avec la crise, mais de reconduire les mesures de sauvegarde du tissu de ce secteur qui est un travail indispensable.

Dans ce cadre, il a indiqué qu’il ne faut pas attendre le dépôt du bilan pour commencer à s’alarmer, parce qu’une fois les entreprises déposeraient leur bilan avec cette situation désastreuse, ça engendrera un problème avec les banques et ses partenaires, qui risquerait après de prendre des décisions difficiles.

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