Tunis: La lutte anti-terroriste appelle une attention particulière à la sécurité collective

La lutte contre le terrorisme exige de dépasser la concentration sur les frontières nationales et la situation sécuritaire interne, en accordant l’attention nécessaire à la sécurité collective afin de renforcer la stabilité et la sécurité des Etats arabes, a affirmé, dimanche à Tunis, le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit.

Intervenant lors de la séance d’ouverture du 36è Conseil des ministres arabes de l’Intérieur, M. Laftit a réitéré l’engagement et la disposition du Royaume à adhérer à toute initiative de nature à renforcer la sécurité collective des pays arabes dans le cadre de la légitimité internationale.

La lutte contre le phénomène du terrorisme est une question existentielle qui s’inscrit dans la durée, à la lumière d’un discours extrémiste et de groupes terroristes qui s’emploient pour imposer des idées idéologiques ou religieuses étranges à l’Islam, a-t-il noté, précisant que la première action à entreprendre pour endiguer ce fléau est d’assécher ses sources idéologiques et son environnement en vue de circonscrire la propagation de l’extrémisme et immuniser la société des dangers nés de l’exploitation de la religion à des fins destructrices.

A cet égard, M. Laftit a évoqué la politique novatrice mise en place par le Maroc à travers le programme « Mosalaha » destiné aux détenus condamnés dans des affaires liées à l’intégrisme et au terrorisme, le Royaume étant conscient de l’importance de réunir les conditions de réinsertion à cette catégorie qui nécessite une approche pratique en adéquation avec les efforts multidimensionnels fondés sur la proactivité, le renforcement de la sécurité spirituelle des citoyens et la lutte contre la précarité.

Le ministre de l’Intérieur a, en outre, soulevé la menace croissante que représentent les liens et les alliances entre les groupes terroristes et les différents réseaux de crime organisé, notant que le Maroc, conscient du danger de ce genre de menaces, à veiller à adopter une approche globale dans le traitement des divers phénomènes criminels en lien étroit avec le fléau du terrorisme, à leur tête les défis relatifs à la migration illégale, laquelle approche s’appuie sur la fermeté sécuritaire en matière de lutte contre les réseaux de la migration illégale et sur la dimension humaine en ce qui concerne la migration.

Il a, de même, mis en avant la politique migratoire adoptée par le Maroc comme expression d’un projet sociétal moderne qui cumule les réformes politiques profondes et renforce le processus démocratique basé sur les valeurs universelles des droits de l’Homme, relevant que cette approche a fait du Royaume une terre d’accueil des migrants plus qu’un pays de transit, particulièrement après la régularisation de la situation de plus de 50.000 migrants illégaux en leur permettant, ainsi que les membres de leurs familles, de profiter de l’ensemble des services dont jouissent les citoyens marocains.

M. Laftit a mis l’accent sur l’engagement fort du Royaume dans les efforts internationaux en lien avec la problématique de la migration illégale comme en témoigne l’accueil à Marrakech de la Conférence intergouvernementale sur le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières qui a vu l’adoption du Pacte mondial sur les migrations et l’annonce d’une série d’initiatives continentales, notamment la création de l’Observatoire africain de la migration dont le siège est prévu à Rabat.

A la lumière de ces défis, le Royaume est disposé, dans le cadre de la responsabilité commune, à soutenir toute initiative ou stratégie visant à lutter contre les phénomènes criminels transfrontaliers entre les pays arabes selon une approche novatrice, a dit le ministre.

Pour y parvenir et en vue de participer à l’enrichissement de la force de proposition du Conseil des ministres arabes de l’Intérieur, M. Laftit a indiqué que le Royaume du Maroc propose d’engager une réflexion sur la mise en place de nouveaux mécanismes de travail et de coordination concernant les différents défis sécuritaires, tout en soulignant l’importance de disposer d' »une évaluation commune des dangers sécuritaires » à travers la création d’une unité spécialisée dans l’évaluation des dangers sous leurs différentes formes.

Le responsable marocain a également affirmé que le Maroc veille en permanence à soutenir toute forme de coopération arabe bilatérale ou multilatérale, à leur tête le Conseil des ministres arabes de l’Intérieur, saluant dans ce sens l’action du Conseil au titre de l’année 2018 qui a été marquée par de nombreuse conférences et réunions communes.

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A cette occasion, M. Laftit a rappelé les multiples réalisations depuis la création de ce Conseil à Taëf en 1980 et l’organisation de la première édition à Casablanca en 1982, faisant de cette structure une force de proposition et un cadre institutionnel pour renforcer la coopération et la coordination des efforts sécuritaires, et la mise en place d’une politique générale de nature à développer l’action arabe commune en matière de sécurité intérieure.

Il a, dans ce sens, évoqué les stratégies sécuritaires en matière de lutte contre le terrorisme et les stupéfiants, ainsi qu’en matière de protection civile et bien d’autres qui ont été élaborées au niveau des bureaux spécialisés dans les phénomènes sécuritaires, comme le bureau arabe de lutte contre l’extrémisme et le terrorisme de Ryadh.

Tout en saluant l’ensemble de ces acquis, M. Laftit a insisté sur l’importance de capitaliser sur ces efforts afin de permettre aux Etats membres du Conseil de passer à la vitesse supérieure en vue d’aboutir à une phase sécuritaire plus efficiente, formulant le vœu de donner un nouveau souffle à l’action du Conseil par le biais de programmes et projets à la mesure des problématiques sécuritaires auxquels font face les pays arabes.

Il a dans ce sens souligné la ferme volonté du Maroc à voir l’action du Conseil se poursuivre suivant une politique sécuritaire renouvelée basée sur une organisation rationnelle des priorités, la définition d’objectifs réalistes et d’une approche participative et proactive à même de permettre aux nations et peuples arabes de mener une vie stable et sûre.

Par ailleurs, le ministre est revenu sur la conjoncture régionale géostratégique délicate dans laquelle se tient cette réunion et qui exacerbe l’ampleur des défis et des menaces que constituent certaines parties en attisant les antagonismes tribaux et les luttes internes, notant que les visées hégémoniques de ces parties ne se limitent pas à une partie arabe donnée et se déploient à travers des moyens iniques visant à semer la discorde, ainsi qu’à travers l’adoption d’une politique destructrice et le soutien financier et militaire aux actes de violence et de terrorisme.

Le Royaume du Maroc a constitué une cible de ces objectifs abjects tendant à menacer la sécurité nationale et à terroriser les citoyens marocains en prodiguant tout le soutien aux ennemis de l’intégrité territoriale du Royaume en vue de « constituer un commandement militaire et d’assurer l’entrainement à la guerre ainsi que l’équipement en arme », a fait observer M. Laftit, notant que le Royaume a réagi à ces agissements avec fermeté et force allant jusqu’à la rupture des relations diplomatiques, la sécurité de la Nation et son intégrité territoriale étant des lignes rouges infranchissables. Ce genre d’agissements attentatoires à la sécurité des pays et des institutions constituent un terrain fertile pour la propagation du phénomène du terrorisme, a-t-il mis en garde.

La délégation marocaine présidée par le ministre de l’Intérieur est composée du wali directeur générale des affaires internes, M. Idriss Jouahri, et du wali directeur de la coopération internationale au ministère de l’intérieur, M. Mohamed Moufakir.

Cette édition connait également la participation du wali de la sûreté, directeur centrale de la police judiciaire, directeur coordonnateur du bureau de l’Interpol à Rabat, et président de la filière de la communication chez le secrétariat général du bureau des ministres de l’Intérieur arabe, Mohamed Dkhissi, et le général de brigade, Abderrazak Boussif, directeur du bureau arabe de protection et sauvetage.

Cette session deux jours porte sur un grand nombre de questions, notamment le projet du plan provisoire pour la stratégie arabe de lutte contre l’usage illicite de stupéfiants et de substances psychotropes et le projet du plan provisoire pour la stratégie arabe de lutte contre le terrorisme.

Les participants discuteront également des recommandations des conférences et réunions tenues au niveau du secrétariat général sur l’ensemble de l’année 2018, ainsi que des résultats des réunions conjointes avec des organismes arabes et internationales, l’année dernière.

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