Un think-tank sud-africain salue la politique «humaniste et responsable» du Maroc

 L’Institut des études stratégiques (ISS, basé à Pretoria/Afrique du Sud) a sévèrement critiqué les récentes opérations d’expulsion de migrants africains de l’Algérie, soulignant que ces opérations illustrent «le manque de vision politique» dans ce pays au sujet d’une question vitale. 

Depuis 2017, des milliers de migrants venant de pays comme la Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Sénégal, le Mali et la Guinée ont été rapatriés ou expulsés de force de l’Algérie vers le Niger et le Mali, indique le think-tank, ajoutant que depuis le début de l’année en cours au moins 3.000 personnes, y compris des demandeurs d’asile, ont été expulsées de l’Algérie.

Cette politique algérienne a provoqué une tension dans les relations entre l’Algérie et les pays africains, observe l’ISS, citant la décision de la Guinée de rappeler son ambassadeur en Algérie.

Le think-tank relève, dans ce contexte, la méfiance avec laquelle l’Algérie traite les migrants sur son territoire.


La présence de ces migrants est perçue comme «une menace dans un pays où le chômage affecte 30 pc de la population», souligne le centre, rappelant les déclarations d’un haut responsable algérien accusant les immigrés africains d’être la source de «crime, de drogue et de plusieurs autres fléaux».

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L’absence de lois sur ce genre de questions «montre le manque de vision politique», souligne le think-tank, déplorant le fait que les lois algériennes traitent la migration des sans-papiers comme une question de sécurité, une situation qui s’est illustrée lors des opérations d’expulsion des migrants africains.

Et l’ISS d’ajouter que la décision de l’Algérie d’expulser ces migrants vers le Niger et le Mali a été sévèrement critiquée par les organisations internationales de défense des droits de l’Homme.


Ainsi, Amnesty International (AI, basée à Londres) a constaté qu’après leur arrestation dans les villes du nord de l’Algérie, les migrants africains ont été transférés vers des centres de détention dans le sud du pays avant leur expulsion vers le désert jusqu’au Niger ou le Mali, indique le centre de recherche.

Aucune organisation humanitaire n’a été invitée à surveiller ces opérations, à l’exception du Croissant-Rouge algérien, qui n’a pas réagi aux allégations de mauvais traitements des migrants, indique le think-tank.