USA: Les patrons des réseaux sociaux sur la défensive au Sénat

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Les PDG de Facebook, Google et Twitter ont mis en garde mardi à Washington contre l’abrogation de l’article 230, la loi qui protège les réseaux sociaux de la responsabilité des messages de leurs utilisateurs.

Les PDG des trois réseaux sociaux ont été convoqués devant le Comité du commerce du Sénat par les législateurs des deux partis qui s’inquiètent de la façon dont chaque entreprise modère, ou échoue parfois à modérer, le contenu publié par les utilisateurs.

Le Comité compte examiner l’article 230 de la Loi sur la décence des communications, une législation qui accorde aux plates-formes technologiques une immunité juridique pour les messages de leurs utilisateurs depuis la fin des années 1990.

Au cours des dernières années, alors que les entreprises technologiques font face à un examen plus minutieux de leurs pratiques de modération de contenu et de leurs modèles commerciaux axés sur la publicité, la loi a suscité des critiques aussi bien des démocrates que des républicains à cause des larges protections qu’elle accorde aux réseaux sociaux.

Dans des remarques diffusées par la presse avant sa comparution devant le Sénat mercredi matin, le PDG de Twitter, Jack Dorsey fait valoir que l’article 230 a permis aux petites entreprises de se développer pour rivaliser avec des sociétés mondiales établies, estimant que l’éroder pourrait détruire la façon dont nous communiquons en ligne.


Selon le PDG de Twitter, seules les plus grandes entreprises technologiques bien financées survivraient à l’affaiblissement ou la suppression de l’article 230, qui entraînerait également une suppression accrue de la parole sur les réseaux sociaux et limiterait davantage la capacité des réseaux à traiter les contenus préjudiciables.

De son côté, le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, estime que sans l’article 230, les plates-formes pourraient être tenues responsables, même de la modération de base. D’après Zuckerberg, le Congrès devrait mettre à jour la section 230 pour qu’elle fonctionne mieux.

“Nous croyons qu’il est important de donner une voix aux gens, même lorsque cela signifie défendre les droits des personnes avec lesquelles nous ne sommes pas d’accord”, a déclaré Zuckerberg dans son allocution devant les sénateurs.

Même son de cloche chez le PDG d’Alphabet, Sundar Pichai, qui affirme dans ses remarques préparées qu’Internet a été l’un des “égaliseurs” les plus importants au monde, permettant aux gens de publier leurs opinions en ligne, quelles que soient ces opinions.


Selon Pichai, “les mêmes faibles barrières à l’entrée permettent également aux mauvais acteurs de causer du tort”, soulignant toutefois que l’article 230 est fondamental pour permettre à Google de donner accès à un large éventail d’informations et de points de vue.

L’audience au Sénat a lieu moins d’une semaine avant les élections américaines et alors que les entreprises de réseaux sociaux se préparent à une vague de désinformation. Ces derniers jours, Facebook et Twitter ont tous deux pris des mesures pour ralentir la diffusion de certains contenus, entraînant des allégations de partialité, de censure et même d’ingérence électorale.

( Avec MAP )